View profile

REVUE DE PRESSE BD & CARICATURE Zébra n°47

REVUE DE PRESSE BD & CARICATURE Zébra n°47
By Zébra • Issue #47 • View online
15 Janvier 2022

Aquarelle de Guy Sajer illustrant son best-seller "Le Soldat oublié".
Aquarelle de Guy Sajer illustrant son best-seller "Le Soldat oublié".
De la Wehrmacht à "Charlie-Hebdo"
Le bédéaste et écrivain Guy Mouminoux, alias Dimitri Lahache, alias Guy Sajer, s'est éteint à l'âge de 94 ans.
Sa longue carrière entamée en 1947, de la manière la plus banale dans la presse illustrée franco-belge, a connu deux tournants.
Le premier avec la publication en 1967 du “Soldat oublié”, récit autobiographique publié sous le pseudonyme de Guy Sajer, dans lequel il raconte sa participation à l'une des plus terribles batailles du XXe siècle, en tant que soldat engagé à 20 ans dans la Wehrmacht lors de la campagne contre les troupes de Staline, qui feront subir en définitive une nouvelle bérézina aux Allemands.
Le bouquin est un énorme succès de librairie, qui a pour effet de rendre son auteur persona non grata ; alors qu'il était employé par de nombreux titres de bande dessinée, dont “Tintin”, “Spirou”, “Pilote”… il est évincé de plusieurs d'entre elles.
Le soldat a tiré une balle dans le pied du dessinateur de bandes dessinées, sauf que -deuxième tournant- son humour a l'heur de plaire à Cavanna, qui l'intègre à l'équipe de “Charlie-Hebdo”.
Paradoxale à première vue, cette intégration à “Charlie-Hebdo” s'explique assez bien, en réalité. Contrairement à ceux de la presse bien-pensante dominante, les choix de Cavanna étaient peu idéologiques.
En janvier 1977, dans le fanzine “Schtroumpf”, Mouminoux-Dimitri revenait sur les circonstances de son embauche par Cavanna, qui comblait enfin son goût pour la bande dessinée humoristique (plutôt que fantaisiste) et l'humour de Reiser et Coluche :
  • Pourquoi être allé aux éditions du Square réputées difficiles ?
  • Oui, c'est cela. J'ai vu Wolinski. Au début j'ai cru que ça allait très mal se passer parce qu'on m'avait dit qu'il ne pouvait pas me souffrir, qu'il voulait m'abattre… C'est presque le terme que l'on a employé. En fait pas du tout, je crois qu'on est même assez bons copains maintenant. Pourquoi avoir été au Square ? C'est parce qu'il me semblait que là je pouvais produire des histoires qui sortaient un peu du cadre habituel.
  • Comment en êtes-vous arrivé au Goulag ?
  • ça, c'est une idée de Cavanna. En fait j'ai amené une histoire qui se passait en Sibérie - c'est tellement lassant de voir des histoires qui ont pour cadre le Far-West ! La Sibérie n'est pas exploitée. (…) A l'origine ça ne s'appelait pas du tout le Goulag, je ne voulais pas du Goulag. C'est Cavanna qui, avec son esprit très caustique, m'a dit : - Il faut appeler ça le Goulag, c'est comme ça que ça va marcher ! J'étais un peu scandalisé parce que, quand même, le goulag ça représente quelque chose d'un peu horrible au premier abord. Puisque je n'avais pas le choix et qu'il tenait absolument à un titre scandaleux - c'était ça ou perdre la série à laquelle je tenais quand même -, je me suis dit que je pouvais démystifier un peu cette chose que l'on présente comme horrible. J'ai donc présenté cela dans un cadre plus aimable, qui n'est pas une haine systématique politique, ce qui n'est vraiment pas mon cas. (…)
Caricature par Pierre Ballouhey.
Caricature par Pierre Ballouhey.
Macron plus que jamais "Charlie"
Hâtée peut-être par la mort de Maryse Wolinski, qui en avait fait son cheval de bataille, la décision d'ouvrir une maison du dessin de presse a été proclamée par E. Macron lors de son hommage aux victimes de la rédaction de “Charlie-Hebdo” (bugdet fixé à 2 millions d'euros/an).
Le choix des autorités culturelles s'est porté sur Paris, au grand dam de la petite ville de Saint-Just-Le-Martel dans la Haute-Vienne, qui peut se vanter d'organiser un festival de la caricature depuis des lustres.
Pas plus que le sport n'a besoin des Jeux olympiques pour être en forme, le dessin satirique n'a besoin d'un musée et d'un soutien du chef de l'Etat, qui devient ainsi, brandissant l'étendard de la liberté d'expression, le commandant en chef des fantassins de la caricature.
On se souvient de la caricature de Louis-Philippe en poire ? Eh bien le voilà vengé, car aujourd'hui les poires ce sont… les caricaturistes.
Macron choisit Paris pour accueillir la Maison du dessin de presse
M. Sapin se promenant dans les coulisses du pouvoir (par M. Sapin - bande-annonce)
M. Sapin se promenant dans les coulisses du pouvoir (par M. Sapin - bande-annonce)
Gageure
Sacrée gageure que de rendre la campagne pour les élections présidentielles attrayante ! Pourtant une brochette de six auteurs de bande dessinée, emmenée par Mathieu Sapin (déjà spécialiste du genre présidentiel), n'a pas reculé devant le défi. Le dessinateur Kokopello est même enthousiaste : - On va dessiner l’envers du décor, tout l’écosystème des candidats !
Chaque auteur(e) sera chargé de suivre l'un des candidats à la magistrature suprême. Tous les candidats ont donné leur accord, sachant que la BD, produite par Le Seuil & Dargaud, ne sera publiée qu'après le second tour des élections.
Caricature par Delestre.
Caricature par Delestre.
400 ans de Molière
Les caricaturistes affûtent déjà leurs crayons pour rendre hommage à Molière ; les toubibs vont en prendre pour leur grade !
Did you enjoy this issue?
Zébra
By Zébra

Revue de presse BD & caricature Zébra hebdomadaire

In order to unsubscribe, click here.
If you were forwarded this newsletter and you like it, you can subscribe here.
Powered by Revue
Fanzine BD & Caricature Zébra : http://fanzine.hautetfort.com