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REVUE DE PRESSE BD & CARICATURE Zébra - Issue #2

REVUE DE PRESSE BD & CARICATURE Zébra - Issue #2
By Zébra • Issue #2 • View online
26 Février 2021

Dubouillon, de Lyon à Montmartre
“Montmartre en revue” (n°1 - déc. 2020), organe de la République de Montmartre, retrace la longue carrière du caricaturiste Alain Bouillon, alias Dubouillon, natif de Lyon monté à 20 ans à la capitale. Il se fixa sur la Butte, non loin de Claire Bretécher.
“Paris-Match” ouvrira ses colonnes à ses dessins d'humour, mais il exporte aussi son humour en Angleterre où il est publié dans “Mayfair”, et en Allemagne dans “Stern”. Ses bandes-dessinées ont “cartonné” outre-Rhin.
Dubouillon collabora avec Reiser dans “Le Journal de Tintin”, où ils créèrent ensemble le personnage de Gazoual (Reiser au scénar, Dubouillon au dessin).
En 1975 D. quitte Paris pour s'installer en Ardèche et devient le dessinateur attitré du “Progrès de Lyon” pendant plusieurs décennies.
PS : On note dans l'itw cette nouvelle manie -peu philosophique-, de se ranger par réflexe du côté de “l'optimisme”, bien qu'il soit l'état d'esprit des personnes fanatiques. Malheur aux peuples dont les rois (ou les présidents) sont optimistes.

Caricature par Dubouillon.
Caricature par Dubouillon.
Actualité surréaliste
La croisade de Blanquer, du FN et de “Charlie-Hebdo” contre l'islamogauchisme dans l'Université n'est pas approuvée par le CNRS.
Heureusement, on peut (presque) rire de tout : de Blanquer, du FN… et même du CNRS et de “Charlie”.
Caricature par Zombi pour le webzine BD & Caricature "Zébra".
Caricature par Zombi pour le webzine BD & Caricature "Zébra".
L'Art invisible
Ci-dessous une caricature de Cambon extraite du “Journal des Arts”, qui ironise sur la censure puritaine visant certaines oeuvres exposées dans les musées.

Caricature signée Cambon extraite du "Journal des Arts" (7 février).
Caricature signée Cambon extraite du "Journal des Arts" (7 février).
Technocratie et bande dessinée
Les dictatures modernes, dites “totalitaires”, sous différentes étiquettes idéologiques et drapeaux, ont en commun leur organisation technocratique. Prévaut donc dans ces régimes une conception originale de la Science, en pratique proche de l'ingénierie.
Dans un article consacré aux personnages de savants dans la bande dessinée (Tournesol, Champignac, Mortimer, Sato…), Michel Porret tente de démontrer que l'idée de la Science véhiculée par la bande dessinée démocrate-chrétienne est une idée “humaniste”, au contraire de l'idée nazie ou soviétique, presque unanimement condamnée.
“Si le capitaine Blake est le garant politico-militaire de cet impératif moral que porte le libéralisme britannique, le professeur Mortimer en est le répondant scientifique dans l’héritage de l’humanisme érasmien.”
Il n'en est rien ; l'idée “libérale” ou “démocrate-chrétienne” de la Science et du progrès est analogue à celle promue par la propagande nazie ou soviétique.
Le programme dit de “conquête spatiale” est l'élément le plus caractéristique du fondement technocratique de la science démocrate-chrétienne/américaine, au même titre que la culture nazie ou soviétique. Les savants humanistes de la Renaissance n'excluaient pas la “conquête” de territoires inconnus, mais ils excluaient en revanche qu'elle puissent constituer une priorité, et même qu'elle puisse avoir un intérêt fondamental sur le plan scientifique.
Il convient d'écarter l'argument spécieux de la “science philanthropique” avancé par Michel Porret. C'est le plus pernicieux. Plusieurs ingénieurs au service du régime nazi se virent décerner des Prix Nobel de physique ou de chimie pour des inventions dont certaines avaient un caractère “philanthropique”.
De surcroît on sait que les industries américaines, soviétiques, françaises et britanniques, ont hérité de la technologie du IIIe Reich après sa défaite, puisqu'elles se sont très concrètement partagé les outils de recherche de pointe de ce régime.
L'impulsion technocratique moderne et l'humanisme s'opposent sur de nombreux points cruciaux. Citons-en deux ici :
  • La science humaniste, quasiment personnifiée par le savant anglais Francis Bacon (1561-1626), figure majeure de la Renaissance scientifique, se distingue par un effort pour établir une hiérarchie entre les différentes sciences et les différents domaines d'investigation. Le domaine des découvertes techniques occupe dans cette hiérarchie un rang subalterne, suivant une conception empruntée à l'Antiquité grecque. Aussi avancé soit le régime nazi sur le plan technologique, il n'a pas du point de vue humaniste authentique le caractère d'un régime scientifique, mais reflète au contraire une subordination (typiquement médiévale) de la science et des savants aux exigences des élites politiques.
La technocratie moderne se présente donc du point de vue humaniste comme un retour… au moyen âge.
  • La révolution scientifique du XVIIe siècle est clairement dirigée contre l'idolâtrie de la Science, le mysticisme scientifique incarné à la fin du XVIe siècle par les alchimistes, ou encore une idée miraculeuse de la science, qui dès le XIXe siècle resurgit en Europe en plein essor industriel, notamment à travers le genre de la “science-fiction”, certes destiné aux enfants, mais qui piétine allègrement le principe d'expérimentation opposé aux purs calculs et aux pures spéculations médiévales.
L'idée de miracle scientifique étrangère à l'humanisme, a toujours cours aujourd'hui ; “l'intelligence artificielle” dont la presse nous rebat les oreilles équivaut à un tel miracle. Cette notion est aussi creuse qu'elle est emblématique du caractère technocratique du discours pseudo-scientifique dominant.
NB : Quelques auteurs se sont montrés critiques au contraire vis-à-vis du savant-ingénieur moderne tels Robida, qui souligne l'aspect catastrophique de la technologie moderne, ou encore Christophe, lui-même prof de biologie, qui souligne à travers le personnage du savant Cosinus le manque de pragmatisme (radical) du savant moderne ; mais aussi Alfred Jarry, dont le personnage d'Ubu s'inspire d'un professeur de physique d'un lycée rennais. Aldous Huxley, auteur de la fable antitotalitaire “Le Meilleur des Mondes”, était aussi le moins persuadé de l'humanisme des savants biologistes darwinistes, milieu qu'il avait fréquenté de très près.
Le prototype de la fusée lunaire de Tintin ressemble au missile allemand V2.
Le prototype de la fusée lunaire de Tintin ressemble au missile allemand V2.
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