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Des personnes non-humaines se cachent dans ce mail ;-)

Philippe
Philippe
Bonjour toi,
Comment vas-tu ?

J'ai commencé de te parler de L'Homme-chevreuil - Sept ans de vie sauvage, de Geoffroy Delorme dans le mail de la semaine dernière. Je l'ai maintenant fini. Triste comme après tout livre qu'on referme. On voudrait pouvoir tout relire et découvrir comme si c'était la première fois. Mais c'est fini. Mais, si je ressens aussi de la tristesse, c'est à cause des raisons qui ont fait que Geoffroy Delorme est revenu vivre parmi les humains, il y a maintenant quelques années :
  • il veut tĂ©moigner de la vie de ses amis Daguet, ChĂ©vi, Sipointe, Etoile, etc., dire en quoi le comportement prĂ©dateur des humains provoque des changements dans la vie sociale et culturelle des personnes non-humaines qui vivent dans les forĂŞts. C'est moi qui utile le mot de culture, pas Geoffroy Delorme, mais comment dire autrement des habitudes de vie qui se transmettent, qui varient d'individu Ă  individu, et qui ne sont pas dĂ©terminĂ©es gĂ©nĂ©tiquement ?
  • les coupes rases dĂ©truisent bien plus que les arbres d'une forĂŞt. C'est tout un Ă©cosystème qui disparait, c'est toute la vie, les zones de cueillettes, d'abris, de protection, qui peuvent disparaĂ®tre en quelques heures, rĂ©duisant Ă  nĂ©ant parfois des annĂ©es de marquage de territoire, d'habitudes alimentaires pour les chevreuils.
Ce livre est un témoignage contemporain donc, contrairement à d'autres livres, on peut retrouver d'autres traces de Geoffroy Delorme sur le Net. J'ai lu et regardé quelques interviews, reportages. Vu aussi quelques critiques. La magie de l'algorithme de YouTube fait que mon flux se remplit maintenant de chevreuils.
Les principales critiques portent sur la véracité du témoignage. Certains disent que Geoffroy Delorme aurait dû assumer que c'était un roman. Pourtant, comme dans cette interview, l'auteur dit qu'il s'agit bien de ce qu'il a vécu. On peut retrouver, sur YouTube notamment, des reportages sur lui sur une dizaine d'années. À chaque fois, il dit et montre les mêmes choses. J'ai un peu de mal à comprendre ce scepticisme.
L'homme qui murmurait Ă  l'oreille des chevreuils
L'homme qui murmurait Ă  l'oreille des chevreuils
D'ailleurs, aucune preuve n'est apportée pour dire que son témoignage serait faux. Dire que les chevreuils ne vivent que par instinct, qu'ils n'ont aucune individualité, de comportement acquis, est une affirmation qui ne repose sur aucun fondement. C'est comme si on disait que les chiens ne peuvent pas exister, car les loups ne peuvent pas avoir de relations avec les humains.
Dans l'interview ci-dessus, Geoffroy dit que, ce qui peut gêner, c'est qu'en donnant une âme à des personnes non-humaines, il devient beaucoup plus difficile de les chasser, de les exploiter. Geoffroy nomme en effet ses amis. Parce qu'ils ont un nom, ils deviennent des personnes.
Sur les conditions de vie, difficiles, en forêt, le jeune homme explique clairement que cela demande du temps. Il n'est pas allé en forêt du jour au lendemain. S'il raconte plus précisément sa période adulte, son parcours a commencé bien plus jeune. Ne pas avoir été à l'école l'avait désocialisé bien avant qu'il retrouve une famille et des amis en forêt.
Que retenir de L'Homme-chevreuil ?
C'est à nouveau une pièce mise dans mon jukebox anti-voitures. Dans son mail de début janvier, “Florie” écrivait :
Nos forĂŞts couvrent des surfaces plus grandes que les vĂ´tres. C'est un bon refuge pour les chevaux et autres herbivores. Tous les animaux n'ont pas leur place en ville.
J'ai encore du mal à comprendre vos systèmes routiers, d'ailleurs. Comment les hérissons, crapauds, poules, coqs, chèvres, moutons ou chats peuvent traverser vos routes et rues si vous roulez à vive allure avec des véhicules automobiles ? Je n'ai pas l'impression que vous cherchiez à les protéger.
Et, surtout, comment les troupeaux de buffles, chevaux, bovins, hardes de biches, meutes de loups ou familles de renards peuvent-ils se déplacer dans les plaines entre vos champs si vous entrecoupez tout de routes ?
Geoffroy Delorme montre clairement comment nos routes, chemins, champs, coupes rases et suppression de haies peuvent entraver les déplacements des animaux et donc fragiliser et diminuer leur capacité à trouver de la nourriture, à marquer des territoires.
Mais, au-delà de la voiture, c'est la présence des humains dans la forêt qui est à questionner. Ou, plutôt, la manière dont il y va : avec une attitude conquérante ou pour être en lien avec les autres personnes qui y vivent ?
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VoilĂ , c'est tout pour aujourd'hui. Je te souhaite, quand mĂŞme, un bon week-end ;-)
Philippe
P.S. : ceux qui m'ont aidé, par leurs partages, à rédiger ce mail… ou à sourire :
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Philippe
Philippe @pcouzon

Il y a une crise climatique et mettre des individus dans des 🍽 n'aide pas. Revue de liens climatiques et antispécistes. Parce qu'il faut décarboner nos vies et créer une société qui respecte les individus sentients, humains ou non. Objectif : 2TeqCO2/an. Ce n'est pas atteignable avec des voitures individuelles.

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