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Nouvelles Frontières - Numéro #4

Bonsoir à tous, Petit debrief ce mois-ci sur une conférence qui s'est tenue le 1er février dernier et
Hors Programme
Nouvelles Frontières - Numéro #4
Par Matthieu Chereau • Numéro #4 • Consulter en ligne
Bonsoir à tous,
Petit debrief ce mois-ci sur une conférence qui s'est tenue le 1er février dernier et réunissait le tout nouveau Conseil scientifique de l’Éducation Nationale. Son sujet : le rôle de l'expérimentation dans le domaine éducatif. Comme vous pouvez le devinez, le sujet me parle, j'y ai donc fait un saut.
J'avais au préalable pris le soin d'écouter la leçon inaugurale de Stanislas Dehaene (le président du Conseil scientifique) au Collège de France. Son titre (“Vers une science de la vie mentale”) me laisse encore songueur. Au terme de cette leçon, il avoue rêver de pouvoir un jour “déchiffrer la conscience”. On croirait entendre un grand enfant. A quoi peut bien nous avancer de “rendre enfin visible, comme à crâne ouvert, l’invisible de la pensée” ? A améliorer par exemple la maniére dont les enfants acquiérent les connaissances fondamentales. Une conférence n'est pas de trop pour éclaircir le sujet. J'ai retenu deux points.

Les résultats convaincants d'une expérience menée en Inde à grande échelle
 Le jeu sur mobile qui fait apprendre les maths
Au terme de cette conférence, je m'interroge. Certes, il est important que la France réduise les inégalités dans la maîtrise des connaissances fondamentales. Mais ne semble-t-il pas incroyable que personne au Ministére ne réfléchisse à la maniére dont on acquiert d'autres compétences. A l'heure où ailleurs s'inventent de nouveaux modèles d'écoles, où les soft skills voient leur importance réévaluée au point de paraître centrale, est-il bien raisonnable de ne s'intéresser qu'à la lecture et aux maths ? Il faut dire que les sciences cognitives ne savent guère mesurer autre chose, a fortiori quand il s'agit de soft skills.
Tout se passe comme si l'Education Nationale appelait les sciences cognitives à la rescousse pour la sauver de sa dégringolade dans le classement PISA et s'abriter derriére elle pour repenser ses méthodes. Mais c'est bien un changement de programme qui lui permettrait de changer de siècle. En aidant les élèves à résoudre des problémes de façon collaborative, à trancher des questions éthiques, ou encore à faire rimer imagination et action. Le comité scientifique ne peut améliorer que ce qu'il sait mesurer. On lui fixe l'objectif d'améliorer la façon dont  l'école d'hier fonctionne. C'est bien, mais sans doute pas assez. Les politiques doivent être bien plus ambitieux pour l'école publique.
                                                           ***
Je vous écris début Mars avec je l'espère au moins une bonne nouvelle à vous annoncer. D'ici là, excellente semaine à tous.
Ps : A lire sur Frenchweb, je signe une tribune sur “Time Well Spent”, ce mouvement évoqué dans une précédente lettre, qui prend aujourd'hui de l'ampleure.
Sur Forbes, je reviens sur les business schools : leurs crises, et les nouveaux modèles qui émergent. On entendra sans doute bientôt reparler de Elodie Nowinski et Sebastien Sikorski qui pitchent d'ici un mois au demo day de Y Combinator. 





Avez-vous aimé ce numéro ?
Matthieu Chereau

Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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