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Hors Programme - Révolution ! #21

Bonjour à tous, Il ne vous aura pas échappé que je n'ai pas envoyé de lettre la semaine dernière. Et
Hors Programme
Hors Programme - Révolution ! #21
Par Matthieu Chereau • Numéro #21 • Consulter en ligne
Bonjour à tous,
Il ne vous aura pas échappé que je n'ai pas envoyé de lettre la semaine dernière. Et pour cause, je faisais des recherches…enfin, presque. A vrai dire, à l'heure où vous recevez habituellement l'email, je faisais un footing au bord d'un lac avec mon amie Moïna. Elle me parlait d'un article qui selon elle exprimait bien notre vision des choses. Cette semaine, j'ai lu l'article.
Ce matin je vous en parle et tâche de voir ce qu'il implique concrètement pour nous.

L'enfance est politique ✊
C'est le titre de l'article. Et quelque part déjà tout est dit. L'auteur, Emmanuelle Araujo, part d'une conversation entre Pablo Servigne et François Ruffin, respectivement collapsologue et révolutionnaire. Alors que François demande “que peut-on faire ?” Pablo répond “il faut d'abord réfléchir”. Bref il ne sait pas. Emmanuelle quant à elle a une idée assez claire sur la question : promouvoir une société où la coopération l'emporte sur la compétition, où la frugalité prime sur la consommation, où l'environnement n'est pas un fond à consommer mais un eco-système à soigner implique de transmettre et mettre en application cette vision dés le plus jeune âge, et de la mettre au coeur des enseignements.
J'ai été heureux de lire cet article. Mon livre développe exactement ces arguments, à ceci prés que je le fais à travers des exemples concrets d'écoles et de parents qui, à leur manière, font déjà de la politique avec leurs enfants. Je le fais aussi de façon agnostique : je regarde ce qui se fait. Bien sûr mon regard n'est pas neutre, mais je parle de faits, et les faits sont plus éloquents en la matière que les discours.
Ceci dit, à la lecture de cet article, vous pourrez aussi faire remarquer que cette idée selon laquelle l'enfance est politique a au moins un siècle. Tous les nouveaux pédagogues de l'entre deux-guerre (à commencer bien sûr par Maria Montessori) concevaient l'éducation comme un moyen d'oeuvrer à une société meilleure, et bien sûr pacifique. C'est pour cela que Maria Montessori était considérée autrement que comme une simple pédagogue et accueillie à l'étranger non pas par des Ministres de l'éducation, mais par des Présidents (on songe à Roosevelt, inimaginable aujourd'hui…). Son approche de l'éducation portait toute entière en elle une vision de la société.
Grand saut vers la Californie de Gavin Newom 🍔
Choc des mots et des images : après Ruffin, passons à Gavin Newsom, le nouveau gouverneur de Californie et “one of the most progressive new political leader!”. Pourquoi ? Parce que tout laisse penser que Newsom a un peu plus d'idée sur le sujet que Ruffin, ou du moins plus les coudées franches et accessoirement un bon budget ! Ses premières déclarations laissent penser qu'il place l'enfant au coeur de sa politique. Il prévoit d'allouer un peu moins de 2 milliards de dollars pour réduire les inégalités, notamment en éduquant les parents et en donnant plus de moyens aux enfants dés le plus jeune âge. Certes il s'agit davantage de mesures sociales que d'une réflexion profonde sur l'approche pédagogique dans les écoles, mais cet exemple mérite d'être souligné. D'abord parce qu'en France on est bien loin de cela, ensuite parce que le fait qu'une telle politique soit menée dans un des Etats américains où les inégalités sont les plus criantes est un signal intéressant.
Et pour finir direction l'Albanie ! ✈️ 🇦🇱
A Tirana, le maire a deux trois longueurs d'avance par rapport aux politiques en France. Il sait déjà que l'enfant est politique, et le met au coeur de sa politique. Plus exactement c'est au travers de l'enfant qu'il aborde bon nombre des sujets de sa ville. Et pour cause, les enfants se trouvent être de bons indicateurs des problèmes urbains. Ils sont vulnérables à la pollution, aux accidents et directement impactés par la privatisation des espaces. Utiliser les enfants pour diagnostiquer la santé d'une ville, voilà une idée intéressante. Pour la prolonger, on peut designer la ville pour les enfants. Cela revient à la penser pour les plus vulnérables, les personnes âgées, les handicapés, les pauvres, etc. Bref c'est une approche équitable, qui permet de penser une ville qui n'exacerbe pas les inégalités, mais les accueille et les intègre.
Je terminerai sur cela. On a commencé sur une (vieille) idée. Ensuite les discours de Newsom. Puis les actes de ce Maire. L'enfance est politique, et cette politique commence localement. Dés aujourd'hui. Les municipales approchent. Alors on fait quoi maintenant ?
Bon dimanche à tous,
Matthieu
PS : Avec François Penin, je lance ces jours-ci une boutique d'innovation spécialisée sur le monde de l'enfant. Safari - c'est son nom - accompagne les entreprises et les organismes publics, et aide les parents désireux d'entreprendre à passer à l'action. C'est la suite logique de mon livre, et d'une certaine manière sa mise en application ! Faites-moi signe si cela vous donne des idées.


Avez-vous aimé ce numéro ?
Matthieu Chereau

Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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