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Hors Programme - petite enfance : rapport d'étonnement #10

Bonjour à tous,  Il n’est pas un jour ces temps-ci, où l’on ne lit pas des études alarmantes sur l’en
Hors Programme
Hors Programme - petite enfance : rapport d'étonnement #10
Par Matthieu Chereau • Numéro #10 • Consulter en ligne
Bonjour à tous, 
Il n’est pas un jour ces temps-ci, où l’on ne lit pas des études alarmantes sur l’environnement. La dernière en date eu un certain retentissement. Mais ces études vont et viennent, et comme le soulignait cette semaine un article du Monde, elles provoquent des sursauts, pour rapidement somber dans l’oubli, jusqu’à la prochaine.
A l’école, nos enfants suivent le même régime. Leçons et bilans chiffrés, parfois choc des images, ateliers pratiques pour s’inscrire dans une société plus durable : on se contente de glisser à la surface des choses, et de faire sa part. A aucun moment les enfants n’ont l’opportunité de comprendre ce qui se joue vraiment, ni surtout pourquoi. Or ce « pourquoi » est à la fois l’origine du problème, et déjà sans doute le début de la solution. 
C’est le sujet sur lequel je reviens dans cet extrait tiré de mon livre “Préparons nos enfants à demain”.

Extrait
Dans quelle ère géologique sommes-nous ?
J’avoue ne plus connaître réellement les différentes ères géologiques par lesquelles le monde est passé. À part le jurassique bien entendu, que je revisite aujourd’hui chaque soir avec les histoires de dinosaures. Des ères tertiaire et quaternaire, je ne connais que le nom. J’ignorais en revanche que nous étions entrés dans une nouvelle ère depuis quelques siècles. Son nom : l’anthropocène.
C’est, nous explique Christophe Bonneuil, directeur de recherches au CNRS, « une nouvelle époque géologique, marquée par le bouleversement des équilibres écologiques et climatiques ». La thèse sous-jacente au terme d’anthropocène est simple : « En deux siècles tout au plus, “nous” avons modifié la trajectoire du système Terre à l’échelle des temps géologiques. Ce que nous vivons n’est pas une simple crise environnementale mais une révolution géologique d’origine humaine. » Le terme invite donc à relire l’histoire de la modernité industrielle des XIXe et XXe siècles, à la lumière de ce que l’on sait aujourd’hui et en mettant l’accent sur les « choix historiquement situés (économiques, technologiques et politiques), (les) modèles de production et de consommation qui ont produit la crise contemporaine. »
Ce n’est sans doute pas un hasard si le débat en France sur ce terme fut repris et débattu par les intellectuels peu avant la COP 21. Sa portée est éminemment politique et elle nous concerne tous. C’est de l’aveu même du gouvernement d’alors un sujet crucial pour les générations de demain. Mais alors, pourquoi croisons-nous cette notion dans une conférence au Collège de France plutôt qu’au collège tout court ? Ces générations futures ne sont-elles pas précisément les principales concernées, à la fois par ce phénomène, mais aussi et surtout par ce devoir de relecture ?
En France, des enseignants commencent à répondre à cette question, de façon concrète et originale. Leur ambition : repenser leur pédagogie, en adoptant des approches interdisciplinaires. Dès le collège par exemple, des élèves sont accompagnés par leurs professeurs d’histoire-géographie, de SVT, d’anglais et de mathématique dans un exercice qui consiste à se projeter dans la ville de demain au travers d’ateliers pratiques. Critiques et portés sur l’action, ces projets montrent la voie. Pour autant, ils restent expérimentaux. Ils trahissent également une tendance du programme scolaire à solliciter les élèves pour penser et co-inventer demain. On préfère ainsi faire faire aux élèves de la prospective, au lieu de les amener à relire l’histoire de ces deux derniers siècles de façon critique. Une telle relecture aurait pourtant le mérite d’interroger les ressorts du développement de nos sociétés et d’aider ainsi à penser demain autrement. 

Excellente soirée à tous,
Matthieu
PS : à lire, si le sujet vous intéresse, l'article récemment paru dans le Monde : Bienvenue dans la Capitalocène
Avez-vous aimé ce numéro ?
Matthieu Chereau

Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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