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Hors Programme - 💥La 2ème crise💥 - Numéro #34

Bonjour à tous, Il y a quelques semaines s'est déroulée une courte conférence de presse, organisée pa
Hors Programme
Hors Programme - 💥La 2ème crise💥 - Numéro #34
Par Matthieu Chereau • NumĂ©ro #34 • Consulter en ligne
Bonjour Ă  tous,
Il y a quelques semaines s'est déroulée une courte conférence de presse, organisée par une ONG que je suis depuis longtemps et qui fait un travail admirable. Son nom “Time Well Spent, rebaptisée il y a peu, ”The Center For Humane Tech“.
Aujourd'hui je reviens brièvement sur l'objet de cette conférence, en expliquant quelle importance elle a selon moi pour nous et nos enfants.

đź’ĄLes deux grandes crisesđź’Ą
Il y a maintenant plus d'un an que j'ai terminé l'écriture de mon livre. Au delà des 4 chapitres consacrés aux compétences, je garde en tête deux grands sujets abordés au début et à la fin, de façon détaillée et parfois passionnée : la nature et le digital. Autrement dit, l'environnement réel et virtuel.
Tous deux ont dramatiquement changé en l'espace de quelques décennies, et promettent de changer encore plus à l'avenir. On savait notre génération et la suivante confrontée à une crise climatique sans précédent, Tristan Harris - co-fondateur du Center For Humane Tech- nous apprend qu'elle se double d'une autre crise, engendrée par certains acteurs du digital, et affectant l'homme lui-même.
“Une humanité dégradée”. C'est la formule qu'il utilise pour marquer les esprits, mais aussi mettre un mot suffisamment fort sur un phénomène pour qu'on en prenne la mesure. Par quoi cette dégradation se traduit-elle ? La perte d'attention, la baisse de notre concentration, la confusion du vrai et du faux, les combats qui étouffent le débat, la polarisation des opinions. Des maux que l'on ne connaît que trop, et qui font - comme le réchauffement climatique - partie de notre quotidien. Raison de plus pour employer les mots forts, et dénoncer un phénomène qui, s'il est connu, n'en est pas moins inacceptable.
🤷🏻‍♀️Que faire ?🤷‍♂️
On pense ensuite à nos moyens d'action en tant qu'individu (consommateur) et parent - qui sont nombreux. On attend pas grand chose de l'Etat, qui peine déjà à réglementer et encadrer les géants du web, et qui - du point de vue des usages - se fait déborder de toute part, incapable d'avoir une quelconque emprise sur la manière dont les citoyens dorénavant consomment, échangent ou produisent des contenus. 
Rien de plus normal, dans une démocratie. Sauf si on utilise une métaphore intéressante, qu'utilise Kara Swisher dans un récent podcast de Recode (que je vous recommande fortement) : celle qui consiste à penser Facebook ou YouTube non pas comme des applications mais comme des villes, où les gens payeraient un loyer sans pour autant bénéficier de services publics comme les hôpitaux, la police, les pompiers ou encore la voirie, etc. L'Etat peut-il laisser de tels espaces s'étendre impunément et consommer une part croissante du temps de nos enfants ?
A son niveau, l'école pourrait et devrait aider les plus jeunes - les citoyens de demain - à se protéger et plus globalement à lutter d'emblée contre cette dégradation. Pas seulement, comme elle le fait déjà, en aidant les élèves à décrypter le vrai du faux et en affutant leur esprit critique, mais également en apprenant aux enfants, dés le plus jeune âge, à résister à ces écrans et aux informations qu'ils produisent. En appliquant les bons conseils qu'Olivier Houdé prodigue dans son livre “Apprendre à résister”. Pour faire en sorte que les enfants - dont le cerveau forcément est plus malléable - ne soient pas demain bien plus dégradés que nous le sommes nous-mêmes (une étude menée pendant une décennie sur plus de 11 000 enfants américains permet de prendre la mesure de cette dégradation - belle et bien effective - du cerveau des enfants). 
Si le digital est un outil utile à l'éducation, c'est aussi - comme n'importe quel autre pharmakon - un péril pour qui l'utilise mal ou trop. Cela l'Etat mais aussi et déjà le Ministère de l'Education devrait le comprendre. Saisir la mesure du problème, et agir pendant qu'il en est encore temps.
Bon dimanche Ă  tous,
Matthieu
Avez-vous aimé ce numéro ?
Matthieu Chereau

Hors-programme ? Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait, que l'avenir de nos enfants se joue en partie en dehors de l'école, et que l'école elle-même revoit ses méthodes et ses programmes.

Chaque semaine, je traite d'une idée en quelques liens pour voir comment aujourd'hui nous pouvons préparer nos enfants à demain.

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