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Desk Russie, l’actualité russe décryptée rien que pour vous

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Desk Russie, l’actualité russe décryptée rien que pour vous
Par Desk Russie • Numéro #1 • Consulter en ligne

Comprendre la Russie
Notre ambition est de vous proposer une vue informée de la réalité russe d’aujourd’hui à travers analyses, décryptages et informations originales souvent de première main, mais aussi débats et prises de position. Trop peu de médias francophones produisent cette information et, quand ils le font, la place est trop souvent comptée, ou bien leur contenu n’est accessible qu’à condition de s’acquitter d’un abonnement. Il est notamment rare de savoir par leur truchement ce qui se passe à la télévision et sur les réseaux sociaux en Russie. Celles et ceux qui ne suivent pas régulièrement les informations offertes par les organisations de droits de l’homme connaissent aussi mal le sort de milliers de Russes qui subissent la répression, bien au-delà du cas d’Alexeï Navalny.
« Il faut comprendre la Russie ». L’expression est très souvent employée par les défenseurs du régime dirigé depuis 21 ans par Vladimir Poutine pour laisser croire que ces actions doivent être « comprises », c’est-à-dire légitimées. Ce discours accorde aussi une place de choix à la théorie de l’humiliation, à l’idée que tous les torts sont du côté de l’OTAN et de l’Occident, et, surtout, plus encore, que finalement le maître actuel du Kremlin incarnerait la Russie et en serait le vrai visage. Ces discours s’ancrent dans l’idée naturaliste et culturaliste d’une « Russie éternelle » et celle, déterministe, d’une continuité historique qui figurerait une forme de « destin russe ». ••• Lire l'article en entier
— L'équipe de Desk Russie
LA RÉPRESSION EN RUSSIE : CE QU’EN DISENT DES RUSSES
© Dmitry Borko / grani.ru
© Dmitry Borko / grani.ru
La répression qui sévit en Russie a pris une tournure particulièrement acharnée depuis la dernière semaine d’avril. Points marquants de cette nouvelle vague répressive : l'écrasement du réseau de Navalny à travers le pays, accusé d’extrémisme, ainsi que l’offensive contre ses partisans ; les poursuites à l’encontre des figures du monde universitaire et journalistique au moyen de la technologie de reconnaissance faciale lors des manifestations ; l’attaque judiciaire contre le célèbre avocat Ivan Pavlov, défenseur d’opposants et de scientifiques accusés d’« espionnage » ; la pression accrue exercée sur les « ONG indésirables » et les « agents de l’étranger » dont le très populaire site d’information Meduza ; la nouvelle loi sur les « activités éducatives » qui vise à contrôler la diffusion de toute information jugée « nuisible » - législation devant entrer en vigueur ce 1er juin. Ajoutons à cela un projet de loi qui rend inéligibles tous ceux qui ont fait des dons aux « organisations extrémistes ». 
Nous vous proposons une sélection de réactions de Russes à cette vague de répression. ••• Lire l'article en entier
LES JEUNES RÉVOLTÉS RUSSES
POUTINE OUBLIE LES ALLIÉS DE L’URSS EN ÉVOQUANT LA DÉFAITE NAZIE
Copie d'écran, Galina Ackerman
Copie d'écran, Galina Ackerman
Le 9 mai, comme chaque année, l’armée russe a fait la démonstration de ses armements et de la fière allure de ses hommes et femmes sous les drapeaux lors du défilé sur la place Rouge. Les invités étrangers eux n’étaient pas légion : à noter toutefois le président tadjik Emomali Rahmon et Marion Maréchal. À l’occasion de la fête de la Victoire sur l’Allemagne nazie, devenue la principale fête du pays, Vladimir Poutine a prononcé un discours où il a affirmé que, dans les combats décisifs, le peuple soviétique s’est battu seul. Il est revenu au traitement de la Grande Guerre patriotique (1941-45) dans les manuels scolaires de l’époque Brejnev. Cette affirmation, suivie d’autres, non moins scandaleuses, a provoqué de nombreuses réactions indignées dans la société russe. La quintessence de celles-ci a été formulée par Léonid Gozman, homme politique d’opposition, connu notamment pour ses critiques de la réécriture de l’histoire qui est à l’œuvre en Russie, où le discours officiel essaie de gommer ou de justifier les « taches sombres » de la période stalinienne, notamment le pacte Molotov-Ribbentrop, assorti de protocoles secrets sur le partage de l’Europe entre deux puissances agressives, l’URSS et l’Allemagne nazie. ••• Lire les extraits du discours de Poutine et la réplique de Gozman ••• Vidéo de la cérémonie
LE JOURNAL DE PRISON D’ALEXEI NAVALNY: “NI DU SACRIFICE NI DU FATALISME” (EXTRAITS TRADUITS PAR DESK RUSSIE)
Photo : evo-rus.com
Photo : evo-rus.com
Le 20 février à Moscou, Alexeï Navalny est condamné en appel à deux ans et demi de prison, et incarcéré dans une colonie pénitentiaire située à Pokrov, près de Vladimir. Le plus célèbre opposant à Poutine essaie de tenir bon dans une des plus sévères colonies russes, connue pour ses brimades et une discipline de fer. Rapidement son état physique se dégrade : il souffre de deux hernies discales et affiche des symptômes qui font penser à des séquelles de son empoisonnement au Novitchok en août 2020. Le 31 mars, il entame une grève de la faim afin de protester contre le refus de ses geôliers de le faire soigner par des médecins de ville. Le 23 avril, extrêmement affaibli, et ayant obtenu gain de cause, il met fin à sa grève de la faim. Depuis son arrestation, Navalny arrive à faire passer à son entourage des textes et images à publier sur son compte sur Instagram. Desk Russie en a sélectionné et traduit plusieurs extraits. Un exemple : « Je ne pouvais pas imaginer qu’il soit possible de créer un véritable camp de concentration à 100 km de Moscou. Ici, je n’ai pourtant vu aucune violence encore, ni même d’allusion à une possible violence. Mais à voir la pose des condamnés, debout figés, tendus, craignant de bouger la tête, je n’ai pas de mal à croire tous ces récits sur comment, ici, à IK-2 Pokrov, on frappait encore tout récemment avec des marteaux en bois, jusqu’à laisser les gens à demi morts. » ••• Lire l'article en entier
EN FRANCE, RAFALES D’EXPULSIONS ILLÉGALES DE RÉFUGIÉS TCHÉTCHÈNES VERS LA RUSSIE
Sophie Shihab
Les cas se sont multipliés, depuis l’assassinat le 16 octobre dernier de Samuel Paty par un jeune Tchétchène de France, de « refoulement » vers la Russie de Tchétchènes demandeurs d’asile. Ces derniers sont alors envoyés de Moscou en Tchétchénie, où ils sont exposés aux tortionnaires qui y sévissent, rapportent les défenseurs des droits humains qui suivent leurs cas. La France viole ainsi le droit international et toutes les jurisprudences qui interdisent de renvoyer un réfugié, quels que soient ses antécédents – droit commun ou « terrorisme » – vers un endroit où il risquerait des « traitements cruels, inhumains ou dégradants ». Des expulsions semblables ont été commises, ces derniers mois, par l’Allemagne ou l’Autriche. Le dernier cas connu, celui de Magomed Gadaev, expulsé de Paris vers Moscou le 9 avril et détenu depuis en Tchétchénie, a provoqué une levée de boucliers, judiciaires et associatifs, mais sans rien changer au fait accompli. ••• Lire l'article en entier
VOYAGE ORGANISÉ EN CRIMÉE POUR THIERRY MARIANI ET SES COPAINS DU RN
Thierry Mariani devant une carte de la Crimée. Depuis des années, il milite pour la reconnaissance internationale de l’annexion russe de la péninsule ukrainienne.Photo : ok.ru/donbasssrossia
Thierry Mariani devant une carte de la Crimée. Depuis des années, il milite pour la reconnaissance internationale de l’annexion russe de la péninsule ukrainienne.Photo : ok.ru/donbasssrossia
Le 5 mai 2021, l’unique journal d’opposition en Russie, Novaïa Gazeta, a publié les résultats de son enquête sur le voyage d’un groupe d’ « experts » occidentaux en Crimée annexée et dans quelques villes russes afin de « valider » la bonne tenue du référendum constitutionnel qui s’est déroulé du 25 juin au 1 juillet 2020. Selon le journal, « on a amené des étrangers en Russie par un vol affrété pour démontrer une reconnaissance internationale. C’est rapide, peu cher et fait dans l’anonymat ». Parmi ces « experts », un groupe important de Français dont Thierry Mariani. ••• Lire l'article en entier
L’UKRAINE TIRÉE D’AFFAIRE ?
Françoise Thom
Crimée annexée et républiques séparatistes du Donbass sur la carte de l’Ukraine. Photo : Wikipedia.
Crimée annexée et républiques séparatistes du Donbass sur la carte de l’Ukraine. Photo : Wikipedia.
L’annonce le 22 avril dernier du retrait des troupes russes massées à la frontière ukrainienne a constitué un soulagement pour les Ukrainiens et les Occidentaux. La Russie semble revenir à la case départ, à savoir l’exigence de l’application des accords de Minsk. Mais le retour à cette formule est loin d’être l’indice d’une position plus conciliante. Car la Russie dispose de nombreux instruments pour essayer de soumettre l’Ukraine : l’intégration dans l’Etat ukrainien des enclaves séparatistes téléguidées par Moscou ; la subversion ; l’asphyxie économique ; l’intimidation militaire ; enfin, la propagande et la guerre psychologique. ••• Lire l'article en entier
L’UKRAINE FACE À L'AGRESSION RUSSE : UNE GUERRE SUSPENDUE
Jean-Sylvestre Mongrenier
Les tirs de Vulkan interviennent peu de temps avant l'arrivée de deux navires de guerre de la Royal Navy au milieu d'une profonde tension en Ukraine par crainte d'une invasion russe. Photo : dailymail.co.uk.
Les tirs de Vulkan interviennent peu de temps avant l'arrivée de deux navires de guerre de la Royal Navy au milieu d'une profonde tension en Ukraine par crainte d'une invasion russe. Photo : dailymail.co.uk.
La situation aux frontières orientales de l’Ukraine est incertaine : le retrait russe n’est que partiel, des équipements et matériels demeurant sur place. Leur prépositionnement pourrait en toute hypothèse faciliter une future intervention. Bientôt, un déploiement russe au Belarus, lors des manœuvres Zapad-2021, pourrait constituer une nouvelle menace pour l’Ukraine. Simultanément, les observateurs notent le renforcement de la présence navale et aérienne russe en Crimée ainsi que en mer Noire. Dans un tel contexte, l’emploi de la force armée par le Kremlin pour atteindre ses objectifs politiques demeure concevable. Sur le terrain, les milices pro-russes cherchent l’escalade et, lorsque Vladimir Poutine jugera l’instant propice, le poing levé pourrait s’abattre. Il doit continuer à en être dissuadé. ••• Lire l'article en entier
CHAMPION DE LA PROPAGANDE RUSSE : DMITRI KISSELEV
Capture d’écran
Capture d’écran
Dmitri Kisselev est l’un des journalistes les plus influents de Russie. Il est directeur général de l’agence internationale d’information Russia Today, et anime une émission hebdomadaire « Vesti nedeli » (Les Nouvelles de la semaine), sur la première chaîne de télévision russe, Rossiïa-1, qui fait partie de la Société d’État de radiotélévision russe (VGTRK). Pour son soutien actif à l’annexion de la Crimée, Dmitri Kisselev se trouve sous le coup de sanctions de l’UE et des États-Unis. « Vesti nedeli », qu’on peut qualifier d’infotainment à coloration fortement propagandiste, serait l’émission préférée de Vladimir Poutine. Chaque semaine, Kisselev présente, entre autres, une « Page culturelle », un monologue souvent illustré d’images et de vidéos sur un sujet d’actualité. Ainsi, le 11 avril 2021, au moment où les troupes russes étaient massées à la frontière ukrainienne et que l’attaque russe semblait imminente, Kisselev a consacré sa « Page culturelle » à… la « dénazification de l’Ukraine ». Desk Russie propose une traduction de ses propos. Véritable plongée dans un univers parallèle. ••• Lire l'article en entier
BÉLARUS : LE « DERNIER TYRAN D’EUROPE » TRANCHE EN FAVEUR DE LA RUSSIE
Entretien avec VALERI KARBALEVITCH, journaliste et politologue indépendant à Minsk, auteur du livre Le satrape de Biélorussie : Alexandre Loukachenko, dernier tyran d'Europe, François Bourin, coll. Les Moutons Noirs, 2012.
Propos recueillis par Natalia Kanevsky
Manifestation pacifique au Bélarus. Photo : nachedeu.com
Manifestation pacifique au Bélarus. Photo : nachedeu.com
Après les arrestations de masse de l’été-automne 2020, l’opposition au Belarus parait exsangue. Svetlana Tikhanovskaïa, qui a défié Loukachenko aux élections présidentielles du 9 août 2020, contrainte à l'exil (en Lituanie), reste un vrai symbole, mais combien de temps réussira-t-elle à porter ce flambeau ? Aujourd’hui, alors que la rue semble réduite au silence, le poids de tous les centres d’opposition en exil diminue lui aussi. L’analyste bélarusse indépendant Valéri Karbalevitch n’est guère optimiste pour l’avenir du pays. Moscou mise sur la nouvelle constitution biélorusse pour restreindre radicalement les pouvoirs de Loukachenko. Des partis politiques pro-russes verront le jour avec le soutien de la Russie et remporteront les élections car le sentiment prorusse est bien ancré dans la société biélorusse, dit-il. C’est ainsi que la Russie entend sécuriser ses intérêts au Belarus à long terme. ••• Lire l'entretien
LES SÉQUELLES DE TCHERNOBYL
KATE BROWN. TCHERNOBYL PAR LA PREUVE. Vivre avec le désastre et après. Trad. de l’anglais par Cédric Weis et Marie-Anne de Béru. Actes Sud. 2021, 526 p.
Galia Ackerman
© Galia Ackerman. Dans la forêt de Tchernobyl. Ces énormes bolets sont beaux, mais immangeables.
© Galia Ackerman. Dans la forêt de Tchernobyl. Ces énormes bolets sont beaux, mais immangeables.
L'Américaine Kate Brown, historienne des sciences et professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Boston, s’est attelée à un sujet qui, depuis des décennies, relève d’un certain tabou : l’impact sur la santé des enfants et des adultes de faibles doses d’irradiation, consommées avec la nourriture, sur une longue période. Pendant plusieurs années, Kate Brown a travaillé dans des dizaines d’archives dont la plupart n’ont jamais été consultées dans le passé par ceux qui s’intéressaient aux conséquences de Tchernobyl - en particulier les archives du ministère de la santé ukrainien. Son verdict est sans appel : des faibles doses absorbées de manière répétée sur la durée, et qui ont été ignorées par les instances internationales telles que l’AIEA et l’OMS, détruisent la santé et écourtent la vie de millions de personnes vivant dans les territoires contaminés. L’auteure livre une enquête savante, nourrie de rencontres et d'entretiens dans ce monde de l’après-Tchernobyl. ••• Lire l'article en entier
LE CENTENAIRE D’ANDREÏ SAKHAROV
Photo : nobelpeacesummit.com
Photo : nobelpeacesummit.com
Le 21 mai 2021, sera célébré le centenaire de la naissance d'Andreï Sakharov, grand scientifique, inventeur de la bombe H soviétique, mais aussi défenseur ardent des droits de l’homme dans son pays et dans le monde. Andrei Sakharov (1921-1989) et son épouse, Elena Bonner, ont été des figures centrales de la dissidence soviétique. L’académicien a joué un rôle éminent dans la démocratisation de la Russie à la fin de la période soviétique. On lui doit notamment l’initiative de l’adoption de l’amendement constitutionnel mettant fin au rôle prépondérant du parti communiste soviétique et ouvrant la voie au multipartisme (le 12 décembre 1989). Plusieurs hommages sont organisés par le Centre Andreï Sakharov et Mémorial à Moscou, ainsi que dans les provinces russes. ••• Musée virtuel d'Andreï Sakharov (en russe).
A VOIR: A Paris, à l’initiative de l’association Mémorial France, une exposition consacrée à Sakharov est présentée jusqu’au 19 mai sur le parvis de l'Hôtel de ville. Cette exposition a reçu le soutien de la mairie de Paris et du Parlement européen.
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