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La perle rare... 🦄

Bhūgītā – Lettre hebdomadaire
💌 Au sommaire de cette lettre
  1. Synthèse de notre dernier cours
  2. Cercle de chant à Antigone ce samedi 27 novembre
  3. Festival du cinéma indien à Montpellier aujourd'hui jeudi 25 novembre, et ces samedi et dimanche
  4. Informations pratiques et conseils pour les cours sur la Bhagavad-gītā
C'est vraiment extraordinaire
La semaine dernière, nous avions prévu de commencer à réfléchir aux moyens de transformer nos actions quotidiennes en pratique spirituelle, le karma yoga.
Mais comme le verset 29 du chapitre 2 de la Bhagavad-gītā avait de nombreux secrets à nous révéler, nous sommes d'abord allé·e·s y voir de plus près…
आश्चर्यवत्पश्यति कश्चिदेनमाश्चर्यवद्वदति तथैव चान्य: |
आश्चर्यवच्चैनमन्य: शृ्णोति श्रुत्वाप्येनं वेद न चैव कश्चित् ||
āścaryavat-paśyati kaścid-enam-āścaryavad-vadati tathaiva cānyaḥ
āścaryavac-cainam-anyaḥ śṛṇoti śrutvāpyenaṃ veda na caiva kaścit
Combien est rare qui connaît cela, combien est rare qui parle de cela ; combien est rare qui écoute cela, et, même ayant entendu [l'enseignement], personne ne connaît cela !
Combien est rare qui connaît cela
« Cela », notre nature essentielle, est l’opposé de tout ce que nous connaissons – loin d'être un objet de connaissance sensorielle (comme une couleur), subtile (comme une formule mathématique), loin d'être même l'ignorance d'un objet ou encore l'indicible expérience de félicité au niveau causal, cela est insaisissable, indéfinissable, indéterminable.
Quel immense défi que de découvrir que nous ne sommes pas quelque chose que nous pouvons percevoir ou concevoir, que, pour ne pas arranger les choses, ce que nous sommes se dérobe à nos moyens de connaissance !
Quand bien même nous redécouvrons notre identité absolue, nous ne pouvons nous en saisir ; sous l'effet de la stupéfaction, de l'émerveillement, les mots nous font défaut.
C'est donc un miracle lorsqu'une personne connaît cela.
Combien est rare qui parle de cela
Une requête dans un moteur de recherche ou un passage en librairie le confirme : l'enseignement de l’advaïta védanta, ou de la non dualité, est rare. Cette philosophie est même difficile à repérer dans la jungle du développement personnel auquel est souvent assimilée.
Et, dans un monde où l'écrit prédomine, le terme वदति, ou vadati, parle, est-il d'actualité ?
Pour la (re)découverte de soi, la première (et, pour certaines personnes, la seule) étape est le श्रवनम्, śravanam, l'écoute. La transmission orale est préférable, afin de progresser en fonction de l'évolution des personnes qui écoutent.
La Muṇdaka-upaniṣad (I.2.12) fournit des indications sur le type de personne à écouter : गुरुं श्रोत्रियं ब्रह्मनिष्ठम्, guruṃ śrotriyaṃ brahmaniṣṭham, un enseignant érudit et fermement établi dans la réalité absolue.
  • ब्रह्मनिष्ठम्, brahmaniṣṭham, signifie que l'enseignant·e se consacre pleinement à la connaissance de l'absolu, brahman, et en a une connaissance directe et ferme.
  • श्रोत्रियम्, śrotriyaṃ, signifie que cette personne s'inscrit dans une tradition de transmission (संप्रदाय, saṃpradāya) et s'appuie sur des ressources tirées de cette tradition pour enseigner.
Śrī Śaṇkarācārya, dont les compositions font référence pour comprendre l'advaïta védanta, précise que śrotriya est plus important que brahmaniṣṭha. En effet, l'expérience d'un individu, même brahmaniṣṭha, ne peut pas être transmise à l'identique à d'autres personnes. La découverte du soi est un cheminement personnel que seuls une tradition authentique et un enseignement exhaustif, libres d'expériences propres à un mental et un corps limités, peuvent guider de façon vraiment juste.
Soulignons néanmoins que la réalisation de notre véritable nature prend la forme d'une connaissance directe, et non pas d'érudition.
Enfin, il est important de noter que l'enseignement doit être dispensé de façon désintéressée – c'est-à-dire avec bienveillance pour les personnes qui le reçoivent et non avec un désir de pouvoir, d'enrichissement, de célébrité, etc. comme on peut le voir.
C'est donc une opportunité rare que de pouvoir suivre un enseignement sur la non dualité.
Et ce, d'autant plus que les personnes qui ont cette connaissance du soi n'en parlent pas toujours, car en effet :
Combien est rare qui écoute cela
Le but de la non dualité est l'obtention du bonheur et la libération de la souffrance, or n'est-ce pas ce que nous souhaitons toustes ? Alors pourquoi si peu de personnes se tournent-elles vers l'étude de l'advaïta védanta ?
Les textes identifient quatre facteurs qui permettent de déterminer si une personne sera intéressée par la non dualité – et en l'absence desquels il est peu probable qu'un·e enseignant·e se manifeste :
  • le discernement, c'est-à-dire une certaine clarté d'esprit au quotidien,
  • l’équanimité, c'est-à-dire ne pas se laisser emporter par nos attirances et aversions,
  • les six qualités personnelles, comme savoir se contrôler, supporter les désagréments de la vie et avoir un certain degré de confiance en soi et dans les autres,
  • un intense désir de se libérer de la souffrance et de l'impermanence pour atteindre un bonheur absolu et permanent.
Lorsque ces qualités augmentent – et tout particulièrement le désir de dépasser la souffrance –, notre esprit est naturellement attiré par la découverte de sa nature réelle.
Si vous lisez cette lettre ou que vous participez à nos cours, c'est indubitablement grâce à vos qualifications !
Nous approfondirons ce sujet, entre autres, dans le cadre de notre étude de Tattvabodha, les lundis de 11h à 12h au Centre Prasada, 112 rue du Pont Juvénal (près de la piscine d'Antigone) à partir du 3 janvier 2022.
Si l'étude de Tattvabodha vous intéresse, mais que vous n'êtes pas disponible à cet horaire ou souhaitez suivre ce cours en ligne, vous pouvez indiquer vos disponibilités ici ou en répondant à cet e-mail.
… même ayant entendu [cet enseignement], personne ne connaît cela !
Après l'étape de श्रवनम्, śravanam, l'écoute, l'aspirant·e à la connaissance peut rencontrer deux principaux obstacles :
  • « C'est bien joli, mais c'est impossible ! » : quand toutes nos expériences nous rappellent constamment à la pluralité du monde, nous pouvons rester incrédules face à l'enseignement de la non dualité. Heureusement, grâce à une riche tradition de commentaires et autres ressources, nous pouvons dissiper nos doutes un à un, par l'étude et surtout la réflexion personnelle (et le questionnement) : c'est l'étape de मननम्, mananam.
  • « Je ne sens pas que je suis l'absolu, j'ai plein de problèmes, donc je n'ai pas atteint mon but » : quand bien même nous avons la conviction que la réalité est non duelle, nous peinons parfois à reconnaître dans notre expérience quotidienne notre propre nature non duelle. À ce stade est prescrite la démarche de निदिध्यासनम्, nididhyāsanam, la contemplation (ou méditation). Lorsque tous les doutes ont été dissipés, dans le silence du corps et du mental, nos qualifications augmentent et la clarté se fait.
Une fois cette clarté acquise, il peut être nécessaire de répéter le cycle de श्रवनं मननमं निदिध्यासनम्, śravanaṃ śravanaṃ nididhyāsanam, écoute, réflexion et contemplation, jusqu'à obtenir une connaissance directe, limpide et inébranlable de notre propre nature.
Cette connaissance, comme nous l'avons vu au début de cette lettre, est sans objet. La réalité absolue, par définition, échappe à la cognition ; elle est à la fois connue et inconnue. C'est pourquoi, tout en affirmant qu'il est possible d'être parfaitement établi·e dans sa nature réelle par la connaissance directe (voir notre lettre du 4 novembre), Śrī Kṛṣṇa affirme que « personne ne connaît cela ».
Lors de notre prochaine séance, nous ouvrirons le cours avec vos réflexions sur le contenu du cours précédent et/ou de cette lettre. Je vous invite donc à relire le chapitre 2, verset 29 et suivants.
Pour la suite de nos ateliers, je vous propose également de réfléchir aux liens qui peuvent exister entre notre vie spirituelle, nos pratiques et la notion « d'action juste » au quotidien.
J'ai hâte d'entendre vos réflexions sur le sujet !
Cercle de chant ce samedi 27 novembre
Un cercle de chant aura lieu ce samedi 27 novembre à 18h30 au 6 Place du Nombre d'Or à Antigone.
Si le cœur vous en dit (et j'espère que c'est le cas), vous pourrez proposer et reprendre des bhajans, kirtans et autres chants dévotionnels.
N'hésitez pas à apporter vos instruments de musique et percussions !
Le cercle est ouvert à toustes, participation libre (pas de montant suggéré).
N'hésitez pas à diffuser cette information. Si vous le souhaitez, vous pouvez vous inscrire et partager l'événement sur Facebook et Meetup.
🎥 Films indiens aujourd'hui et ce week-end
Le festival montpelliérain du cinéma indien commence aujourd'hui, jeudi 25 novembre et se poursuit samedi 27 et dimanche 28. Retrouvez le programme sur le site de l'association So Bollywood. Réservations ici ou par e-mail auprès de notre ami Ravi.
Informations pratiques
Les cours du samedi ont lieu de 11h à 12h à l’ADRA au 134 rue de Thèbes, sur la droite en allant de la Place du Nombre d’or à la Place du Millénaire à Antigone.
Les cours du lundi se déroulent de 16h à 17h chez les Amoureux de Candolle, 19 rue Lallemand dans l’Écusson, près du Jardin des plantes.
Dans cette salle, des chaises et des coussins sont disponibles pour s’assoir confortablement, mais il n’y a pas de tables. Prévoyez donc éventuellement du matériel adapté pour prendre des notes.
Conseils
Veillez à arriver 5 à 10 minutes avant le début du cours.
Apportez votre Bhagavad-gītā et ce dont vous aurez besoin pour prendre des notes, si vous avez envie de prendre des notes (attention, pas de tables le lundi).
L’entrée est libre. Si vous souhaitez faire un don à la fin du cours, veillez à apporter des espèces.
À très vite :)
Sophie
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Sophie de Bhūgītā
Sophie de Bhūgītā @bhugita

Advaïta védanta – non dualité

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Montpellier, France