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Un dernier voyage entre Hambourg et Glasgow - Un dimanche à Hambourg #12

Arthur Devriendt
Arthur Devriendt
Moin Moin,
Ce dimanche, c'est le coup d'envoi de la « super année électorale » en Allemagne, qui se terminera en septembre avec les élections du Bundestag. Un coup d'envoi donné en Hesse (élections communales), en Rhénanie-Palatinat et dans le Bade-Wurtemberg (élections des parlements régionaux). À côté des grands partis et des affaires de corruption qui ébranlent le parti conservateur, il sera intéressant d'y suivre, dans les prochaines heures, les résultats des « Klimalisten » – évoquées ici la semaine dernière – ou des partis issus des mouvements protestaires « anti-COVID » dont Stuttgart est l'un des fiefs.
À Hambourg, les bureaux de vote restent clos aujourd'hui. Mais après quatre mois de lockdown, il est désormais possible, depuis vendredi, de retourner au musée ! L'occasion de découvrir la grande rétrospective consacrée à Georges Braque au Bucerius Kunst Forum (prolongée jusqu'à la fin avril) ou de plonger dans l'intimité des familles à la Deichtorhallen.
Et sinon ? Il y a plein d'autres actualités que je vous laisse explorer. Viel Spaß beim Lesen et à dimanche prochain !
Arthur Devriendt - twitter : @aboketabak / insta : @dimanche_hambourg

Un dernier voyage entre Hambourg et Glasgow
Alors qu'elle est traduite en français pour la seconde fois avec Nuit Bleue (éditions L'Atalante), la romancière Simone Buchholz publie en Allemagne le dixième et dernier volet des aventures de la procureure Chastity Riley. Un adieu sous forme d'allers-retours entre Hambourg et Glasgow.
L'écrivaine Simone Buchholz (Gerald von Foris/Suhrkamp)
L'écrivaine Simone Buchholz (Gerald von Foris/Suhrkamp)
Séparées par la mer du Nord, Hambourg et Glasgow ont pour point commun d'être traversées par un fleuve. « Frère triste de l'Elbe », le Clyde donne son nom au nouveau livre de Simone Buchholz (River Clyde, publié chez Suhrkamp) et y occupe une place à part entière. Ses grondements ou son calme apparent, ses vagues comme ses excroissances suivent l'héroïne dans sa reconstruction et quête d'identité.
Six mois après une prise d'otages qui a viré au drame (racontée dans Hotel Caragena, pas encore traduit), la procureure passe l'essentiel de ses journées allongée dans un parc. Ses collègues de la police mis au repos forcé, tous aussi «fracassés» qu'elle, tentent de reprendre pied collectivement. Pour Riley, le réveil va venir d'une lettre envoyée par un avocat écossais. Objet de la missive : la maison en héritage d'une tante éloignée récemment décédée.
Pendant qu'elle s'envole pour Glasgow, des incendies d'immeubles, sur fond de spéculation immobilière et de fraude fiscale à la Cum-Ex, font plusieurs dizaines de morts à Hambourg. Une affaire criminelle prétexte à la reconstitution d'un duo d'enquêteurs, prêts à parler (ou non) de leur passé et à s'initier au jeu en ligne « Fortnite ».
Simone Buchholz (à d.) le 9 mars 2021 à la Literaturhaus de Hambourg (copie d'écran)
Simone Buchholz (à d.) le 9 mars 2021 à la Literaturhaus de Hambourg (copie d'écran)
Se met en place un récit qui navigue entre ces différents groupes. Sur le continent – des quartiers d'Altona à Winterhude en passant par la Reeperbahn – les policiers en convalescence et ceux qui reprennent péniblement du service. À Glasgow, et jusqu'aux terres sauvages du Rannoch Moor, la procureure Riley et les rencontres qui la conduisent sur le chemin de sa famille. Sans oublier d'autres figures plus mystérieuses.
Car écrire le dernier volet des aventures de Chastity Riley a « donné une liberté » à Simone Buchholz : « ne plus me limiter aux règles du genre » du roman criminel. Le livre est ainsi peuplé d'animaux sauvages et de fantômes qui complètent le livre d'une épaisseur mystérieuse. Des apparitions qui n'en sont pas moins dotées d'une forte dimension corporelle, grâce à laquelle Riley apprendra l'histoire de ses ancêtres.
Car si River Clyde est un roman des âmes bousculées, il est aussi un roman des corps et des interactions. Que ce soit dans les pubs de Glasgow, « collés les uns aux autres », sur un coin de couverture ou l'habitacle d'une voiture de police, c'est par la proximité que les personnages se retrouvent, avec Johnny Cash en fond sonore et aidés par l'alcool. Les verres fusent dans River Clyde, remplis de bière, de whisky ou de buckfast, ce vin « boosté » à la caféine.
Pas de masques ni de gestes barrière dans ce roman. Mais un bel et vibrant hommage à « tout ce qui nous fait être humain » pour l'auteure, habituée des rues et bars de Sankt Pauli, qui a écrit le livre par temps de pandémie et de confinement.
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