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Un air de Bohème sur le port - Un dimanche à Hambourg #10

Arthur Devriendt
Arthur Devriendt
Moin Moin,
Depuis ce samedi, les mesures sanitaires pour lutter contre l'épidémie de coronavirus ont été renforcées à Hambourg. Autour de l'Alster, les coureurs du dimanche doivent désormais porter leur masque. Pas d'obligation en revanche pour les joueurs du FC Sankt Pauli et du HSV qui s'affronteront, demain soir, à l'occasion du derby de la ville. Si les supporters restent sages, il ne devrait pas y avoir de scène de course-poursuite comme celle observée dans l'écrin du parc Jenisch.
Avec ce numéro, la newsletter fête sa 10ème édition ! L'occasion pour elle de revêtir une nouvelle parure et de faire son apparition sur Instagram (@dimanche_hambourg). Vous pourrez y découvrir en avance certains contenus, accéder à des inédits ou redécouvrir ce que vous avez éventuellement raté :)
En attendant de vous y croiser, je vous laisse explorer les actualités de ces derniers jours à Hambourg. Viel Spaß beim Lesen et à dimanche prochain !
Arthur Devriendt - @aboketabak

Quand la Tchécoslovaquie voulait son port à Hambourg
Au lendemain de la première guerre mondiale, le traité de Versailles accorde à la Tchécoslovaquie un accès aux « ports du nord » : Stettin (aujourd'hui en Pologne) et Hambourg. Si la feuille de route est claire, de nombreux points doivent faire l'objet de négociations entre les deux pays.
Le port de Hambourg dans l'entre-deux-guerres (SLUB / Deutsche Fotothek)
Le port de Hambourg dans l'entre-deux-guerres (SLUB / Deutsche Fotothek)
Localisation, aménagement, conditions d'utilisation.. tous ces aspects nécessitent en effet d'être éclaircis. Mais au-delà des détails techniques ou économiques, c'est la question de la souveraineté territoriale qui monopolise les débats. L'accès dont parle le traité est-il un simple «prêt» de zones portuaires ou requiert-il leur passage sous drapeau étranger ?
C'est à ces tractations de l'entre-deux-guerres, qui dureront au total dix longues années, que s'intéresse la chercheuse Sarah Lemmen, de l'Université Complutense de Madrid, dans un article publié récemment dans la Revue européenne d'histoire. Une plongée passionnante dans les archives de l'époque.
Du côté de la Tchécoslovaquie, c'est une ligne dure qui est adoptée. La jeunesse du pays, son rôle dans l'élaboration de la Société des nations (l'ancêtre de l'ONU) et le poids politique et diplomatique d'un Edvard Beneš, futur président, poussent en effet ses représentants à réclamer un réel transfert de souveraineté en sa faveur.
Appuyé par la presse qui en fait une question d'honneur national, ils s'imaginent alors une partie du port de Hambourg en petite Bohème avec sa langue officielle, son personnel, ses systèmes de communication indépendants et ses règles douanières. En matière d'infrastructures, on rêve d'un grand bassin adapté à l'accueil des liaisons intercontinentales.
En Allemagne et à Hambourg, où l'on craint l'apparition d'un «État dans l'État», l'opposition est forte. Les experts juridiques tentent de faire valoir une interprétation étroite du texte, plaçant tout accord sous l'égide du droit privé. Contrainte cependant par les termes du traité, elle ne peut se permettre de rompre les négociations, sauf à voir la décision lui échapper.
Projet du nouveau quartier de Grasbrook à Hambourg sur l'emplacement des terrains attribués à la Tchécoslovaquie (VOGT, Herzog & de Meuron)
Projet du nouveau quartier de Grasbrook à Hambourg sur l'emplacement des terrains attribués à la Tchécoslovaquie (VOGT, Herzog & de Meuron)
C'est la Tchécoslovaquie qui, par soucis de réalisme économique, fera une première concession en renonçant au grand bassin intercontinental, pour se concentrer sur l'acheminement fluvial des navires et marchandises. Les représentants tchécoslovaques restent en revanche arc-boutés sur leur position concernant la souveraineté territoriale jusqu'en 1928.
Le 5 novembre de cette année, un accord est finalement trouvé. La Tchécoslovaquie se voit attribuer deux terrains, d'une surface totale de 30 000 mètres carrés. Et à défaut d'une souveraineté pleine et entière, une exemption aux contrôles douaniers allemands est mise en place. Compte tenu des prétentions tchèques initiales, cet accord est vécu par l'Allemagne comme une «petite victoire» sur le traité de Versailles.
L'arrivée au pouvoir d'Hitler, le démantèlement de la Tchécoslovaquie et la destruction presque totale de la ville hanséatique mettront un terme à cette présence tchèque. Mais une fois la paix retrouvée, les intérêts partagés justifieront de renouer avec un dispositif prévu jusqu'en 2028.
Si les terrains étaient initialement situés en zone purement portuaire, le développement de la métropole hambourgeoise a progressivement rapproché ceux-ci du centre-ville et sont, depuis quelques années, au cœur d'importants projets urbains. En 2015, dans le cadre de la candidature de la ville aux Jeux Olympiques, de nombreux équipements étaient prévus sur ce site. Si cette candidature a été rejetée par les habitants, c'est aujourd'hui le projet de quartier de Grasbrook qui fait resurgir l'actualité du traité de Versailles au coeur de la ville hanséatique.
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Si les salles de spectacle restent fermées, il est toujours possible de faire un tour du côté de l'ancienne usine transformée en centre de danse contemporain, Kampnagel. Armé d'une nouvelle application, vous pourrez agrémenter votre visite des chorégraphies de films célèbres, de Billy Elliot («I love to boogie») à Dirty Dancing («The Time of my Life»), revisitées par des artistes du monde entier.
De la réalité augmentée pour découvrir les lieux du Kampnagel en dansant
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Une initiative qui s'inscrit dans le cadre de la septième édition du festival Fokus Tanz. Entièrement en ligne, vous pourrez découvrir sur Youtube la chorégraphie expérimentale «Rose la Rose». Ou le mur des vidéo-danses sur Vimeo, disponible jusqu'au 7 mars prochain.
« La prochaine fois, on fait plus court »
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Die Kosmonauten & Blond - Superspreader
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À l'heure où les mesures se durcissent à Hambourg, où l'on reparle d'un confinement sévère en France, et où les complotistes des deux côtés de la frontière ont le vent en poupe, le titre «Superspreader» ne pourrait pas mieux tomber.
Né de la collaboration de deux groupes (Die Kosmonauten et Blond), ce titre a le potentiel pour devenir l'hymne disco de la crise liée au coronavirus. Un titre idéal pour remuer son popotin et renforcer son système immunitaire !
Le son allemand (du dimanche) - La playlist Spotify
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Arthur Devriendt
Arthur Devriendt @aboketabak

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