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Margarete Mehdorn · « La société franco-allemande de Hambourg fut la première de l'après-guerre » - Un dimanche à Hambourg #4

Arthur Devriendt
Arthur Devriendt
Moin!
Les semaines passent et voici déjà le quatrième numéro de cette newsletter hambourgeoise.
Collecter les informations, réaliser les entretiens, mettre en forme, et tout ça sur son temps libre, n'est pas de tout repos. Mais vous êtes de plus en plus nombreux et ça encourage !
Comme vous le découvrirez à la lecture, cette édition est placée sous le signe des relations franco-allemandes. Mais ceux qui aiment la diversité ne sont pas oubliés : de la musique punk à Otto von Bismarck, il y en a pour tous les goûts.
Viel Spaß beim Lesen et à dimanche prochain !
Arthur Devriendt

Cette newsletter est encore en rodage. Ce qui m'aiderait ? Vos retours, vos partages et vos suggestions. Mon fil twitter (@aboketabak) vous est ouvert. Si vous avez aimé, parlez-en autour de vous et poursuivez vos lectures sur mon blog Le Spectateur du Nord.
Margarete Mehdorn · « La société franco-allemande de Hambourg fut la première de l'après-guerre »
Dans une ville marquée par les silhouettes de la Speicherstadt ou de l'église Saint-Michel, le choix n'est pas « typique ». Dans l'ombre de sa grande sœur, le « petit Michel » est ignoré de nombreux guides touristiques. C'est pourtant sans hésiter que Margarete Mehdorn évoque cet édifice quand on l'interroge sur son endroit préféré à Hambourg.
Le « petit Michel » : l'église française et francophone de Hambourg
Le « petit Michel » : l'église française et francophone de Hambourg
Derrière une apparence austère, l'église inaugurée en 1955 est un parfait témoin des relations franco-allemandes. Dessiné par l'architecte français Jean-Charles Moreux sur le site d'une ancienne église faite catholique par Napoléon durant l'occupation de la ville (1807-1814) et détruite par les bombardements alliés en 1945, le « petit Michel » voit sa construction financée en partie par des dons originaires de France.
Un choix donc évident pour celle qui consacre sa vie professionnelle et son engagement aux échanges entre France et Allemagne. Interprète de conférence et présidente de la fédération des sociétés franco-allemandes, Margarete Mehdorn est aussi depuis quelques mois référente régionale pour le « fonds citoyen » franco-allemand.
Une idée de projet franco-allemand ?
Créé par l’article 12 du Traité d'Aix-la-Chapelle signé en 2019 entre la France et l'Allemagne, le fonds vise « à encourager et à soutenir les initiatives de citoyens et les jumelages entre villes dans le but de rapprocher encore [les] deux peuples ». Mis en œuvre par l'Office franco-allemande de la jeunesse, il est cependant ouvert à toutes les catégories d'âge et ne se ferme à aucune thématique.
A l'occasion de la prochaine journée franco-allemande, prévue le 22 janvier, un appel à projets a été lancé pour financer des actions qui auront lieu à cette période. Initialement fixée au 27 novembre, la date limite de candidature a été décalée au 6 décembre compte tenu des difficultés liées au coronavirus.
S'il n'est pas aussi facile de sensibiliser à de telles festivités dans le nord de l'Allemagne qu'à proximité immédiate de la frontière, M. Mehdorn fait remarquer que c'est à Hambourg qu'a été créée la première société franco-allemande d'après-guerre (la « DFG Cluny »), le 27 novembre 1947.
Spécialiste de l'histoire de ces sociétés, elle partage avec passion ses découvertes sur le sociologue Ferdinand Tönnies ou l‘historien de l'art Otto Grautoff, qui insistaient tous deux, à la veille des deux conflits mondiaux, sur l'importance de bonnes relations et d'échanges entre la France et l'Allemagne pour la paix en Europe.
Un message qu'elle veut continuer à faire vivre dans ses nouvelles missions : « C’est important d’avoir conscience qu’une bonne relation franco-allemande est la base de la coopération en Europe ».
Margarete Mehdorn est conseillère du fonds citoyen franco-allemand pour Hambourg, Brême, le Schleswig-Holstein et le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Elle vit à Kiel. Pour la contacter : rbnord@vdfg.de
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Le coin des idées · Michel Foucault, une année à Hambourg
En octobre 1959, le quotidien de Hambourg annonçait l'arrivée d'un certain Michel Foucault à la tête de l'Institut français. En provenance de Varsovie où il officiait au même poste, et âgé à peine de 33 ans, Michel Foucault était encore inconnu du monde universitaire et du grand public.
En juin 2019, une plaque en l'honneur de Michel Foucault a été installée
En juin 2019, une plaque en l'honneur de Michel Foucault a été installée
Dans un article republié par la revue Theory, Culture & Society à l'occasion d'un numéro spécial sur la carrière du philosophe avant son entrée au Collège de France, l'historien Rainer Nicolaysen revient dans le détail sur ce séjour hambourgeois, les travaux réalisés et les rencontres effectuées.
Créé en 1951, l'Institut français de Hambourg était déjà bien installé dans le paysage local grâce à l'engagement des prédécesseurs de Michel Foucault. Il poursuivra sur cette lancée en faisant notamment venir Roland Barthes et Alain Robbe-Grillet.
Il se liera également d'amitié avec l'écrivain Rolf Italiaander, pionnier des luttes contre l'interdiction de l'homosexualité en Allemagne. Foucault lui-même n'hésitera pas à vivre sa sexualité et à aborder ce thème dans un pays où l'arsenal législatif était encore très répressif à l'égard des homosexuels.
C'est à Hambourg que Foucault mettra un terme à sa volumineuse Histoire de la folie et d'où il signera une préface célèbre, datée du 5 février 1960. De retour en France, Michel Foucault accèdera à la renommée que l'on sait aujourd'hui. Il ne retournera jamais à Hambourg.
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Le son allemand · Il faut « sauver » Noël
Dans un paysage apocalytique – mais où l'Elbphilarmonie aura été miraculeusement épargnée – les trois lurons du groupe de rap préféré des professeurs d'allemand, Deine Freunde, célèbrent un Noël à l'heure du changement climatique :
Deine Freunde - Ein ganz normaler Sommertag
Deine Freunde - Ein ganz normaler Sommertag
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Arthur Devriendt
Arthur Devriendt @aboketabak

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