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La « double vie » d'Olivia Jones - Un dimanche à Hambourg #19

Arthur Devriendt
Arthur Devriendt
Moin Moin,
Savez-vous distinguer bâbord de tribord ? Je le confesse sans honte (ou presque) : j'en suis incapable. Ajoutez à cela que le mal de mer me frappe comme personne, et vous comprendrez que je préfère me tenir éloigné de tout engin qui flotte.
C'est pourtant la découverte du musée maritime de Hambourg qui restera, pour moi, l'un des moments les plus marquants de ces dernières années. À l'occasion d'une « nuit des musées », j'avais été émerveillé par le bâtiment, les nombreuses maquettes et la richesse des collections.
Comme le musée l'a annoncé cette semaine, une campagne de numérisation a été lancée et ses cartes, affiches et photographies sont désormais visibles en ligne. Une très bonne nouvelle mais dont l'expérience n'est en rien comparable, malheureusement, avec le souvenir de la déambulation dans les allées…
En sera-t-il de même pour la fête du port de Hambourg ? Du 7 au 9 mai prochain, celle-ci est aussi prévue « à domicile » avec un programme dense et varié (je vous dis tout plus bas). Serez-vous de la partie, derrière votre écran ?
Viel Spaß beim Lesen, bonne navigation et à dimanche prochain !
Arthur - twitter : @aboketabak / insta : @dimanche_hambourg
Certain d'entres vous l'auront remarqué, « Un dimanche à Hambourg » a fait son arrivée sur Facebook depuis quelques jours. N'hésitez pas à m'y rejoindre pour rester au plus près de l'actualité hambourgeoise.

La « double vie » d'Olivia Jones
Arrivée en tête des ventes ces derniers jours outre-Rhin, l'autobiographie d'une des personnalités les plus célèbres de Hambourg : Olivia Jones. Dans ce livre, la drag queen revient sur son enfance, sa carrière, ses opérations de chirurgie esthétique ainsi que ses incursions en politique.
Dans la liste des best-sellers du moment : « Ungeschminkt » d'Olivia Jones (NDR)
Dans la liste des best-sellers du moment : « Ungeschminkt » d'Olivia Jones (NDR)
« Si l'on me demande d'où je viens, je réponds toujours : Hambourg » Pourtant Olivia Jones, née Oliver Knöbel, voit le jour en 1969 à Springe. Désormais ambassadrice d'honneur de cette ville de Basse-Saxe, il n'y a pas toujours régné une atmosphère empreinte de bienveillance et d'ouverture.
Si ses créations vestimentaires passent plutôt bien auprès de ses camarades de classe, les réactions des parents sont plus mitigées. Dans sa famille, on aimerait que « Oli » fasse quelque chose de raisonnable : devenir employé d'assurance. La rupture devenant inévitable, elle décide de partir. Trop proche, la famille lui refuse Hannovre. Ce sera Hambourg.
« Dès le départ, c'était évident qu'il n'y avait qu'un seul quartier dans lequel je voulais vivre : Sankt Pauli. La nuit, la scène homosexuelle, la proximité du port j'étais attirée par cette magie. » Sans talent particulier pour la danse ou le chant, elle mise alors sur l'humour et le trash. Un choix qui contraste avec les standards de l'époque et lui vaut ses premiers cachets.
À l'occasion du G20 de Hambourg en juillet 2017, Olivia Jones interdit symboliquement l'entrée de ses établissements à Poutine, Erdogan et Trump.
À l'occasion du G20 de Hambourg en juillet 2017, Olivia Jones interdit symboliquement l'entrée de ses établissements à Poutine, Erdogan et Trump.
Si cette autobiographie n'est pas une grande œuvre littéraire, la plongée dans la « subkultur » de Hambourg et son humour – il faut lire la scène de l'examen d'entrée au service militaire, qu'elle cherche à saborder – en font une lecture agréable. On croise des noms célèbres commes des inconnus, des lieux célèbres comme des bars oubliés. Une recette qui a fait le succès, depuis 2006, de ses visites de la Reeperbahn.
Olivia Jones ne fait pas mystère de ses engagements politiques. Proche des Verts (Katrin Göring-Eckardt témoigne dans le livre), elle s'engage en 2004 dans l'élection à la mairie de Hambourg. Sans programme ni parti, elle veut avant tout s'opposer à Ronald Schill (candidat qui multiplie les propos xénophobes et homophobes) et défendre une ville « ouverte ».
Elle-même jongle avec amusement entre ses différentes identités, entre Olivia et Oliver, sa « double vie » comme elle l'appelle. Un jeu qui a un coût : 200 euros de maquillage par mois, trois injections de botox par an, et de nombreuses opérations de chirurgie esthétique. Le prix pour avoir toujours 29 ans.
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Sur la toile · Des bateaux et des livres
La fête du port de Hambourg « @HOME »
La semaine de l'Europe
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Simone Buchholz lit « River Clyde »
En mémoire de la libération du camp
À Hambourg, le « plan vélo » allemand dévoilé
Cette semaine, s'est tenu à Hambourg le congrès national des acteurs du vélo. Ouvert par le ministre fédéral des transports, Andreas Scheuer, et par le maire de la ville, Peter Tschentcher, ce congrès a été l'occasion de rendre publique la nouvelle « stratégie vélo » de l'Allemagne.
Dans le cinquième numéro de «Feuilleton», la newsletter des idées qui agitent l'Allemagne, je me suis penché sur cette stratégie, ses éléments-clés et ses limites. Et alors que l'Allemagne envisage de devenir d'ici 2030 une « nation du vélo » à part entière, qu'en est-il à Hambourg ? Avez-vous l'impression de vivre dans une « Fahrradstadt » ? Êtes-vous plutôt positif (comme moi) ou plutôt négatif (comme mon amie) ? J'ai hâte de vous lire !
Andreas Scheuer et Peter Tschentcher (au centre) à Hambourg le 27 avril 2021
Andreas Scheuer et Peter Tschentcher (au centre) à Hambourg le 27 avril 2021
Le coin des idées · Un « kiosk » pour la santé ?
Si l'Allemagne est l'un des pays les plus riches au monde, avec une sécurité sociale puissante et une couverture médicale forte, de nombreux observateurs notent que l'état de santé y est encore très dépendant du statut socio-économique, comme le montrait une étude sur le cancer que je mentionnais la semaine dernière.
À Hambourg, dans les quartiers en difficulté de Billstedt et de Horn, une expérimentation est menée depuis 2017. Des « kiosques à santé » y ont été créés, regroupant différents professionnels, afin d'offrir une offre de soins et d'accompagnement jusque là peu présente voire inexistante.
Partenaire du projet, un laboratoire de l'université de Hambourg a procédé à une évaluation scientifique de celui-ci, désormais disponible. Celle-ci constate un meilleur accès aux soins : le nombre de consultations connaît une augmentation notable chez les bénéficiaires. Ces derniers se disent par ailleurs plus satisfait des prestations reçues que par le passé.
A côté des patients, ce sont les professionnels de santé eux-mêmes qui jugent le projet positivement. La mise en relation, et l'offre plus étoffée, permettent de mieux orienter les personnes selon leur besoin, permettant de réduire d'autant la charge des hôpitaux ou des médecins.
Un collège doctoral franco-allemand
Quel développement pour la ville ?
Les 100 ans de l'université
Le reste de l'actualité à Hambourg
Olaf Scholz et ses « trous de mémoire »
Un Français à la tête de Beiersdorf
Le tracé de la ligne U5 est arrêté
Zoe Wees, l'hambourgeoise qui conquiert l'Amérique
Quel avenir pour le Schilleroper ?
Le son du dimanche · La pop de MOA
MOA, Fullax & Ma Fleur - « Stadt Land Flucht »
MOA, Fullax & Ma Fleur - « Stadt Land Flucht »
L'an dernier, « Stadt Land Flucht » était le nom d'un album, qui tirait sur le ska-punk, des allemands de 100 Kilo Herz. Ce dimanche, on est dans la pop indé, grâce à la réunion de MOA, Fullax et Ma Fleur. Un titre idéal pour terminer le week-end.
Le son allemand (du dimanche) - La playlist Spotify
Bonus : de Munich à Rostock contre le plastique
Pour finir, je vous propose de quitter Hambourg pour un petit voyage qui vous mènera de Munich à Rostock. Un voyage à la rencontre des initiatives contre le recours au plastique à usage unique. Un article que j'ai eu le plaisir de signer dans le dernier numéro du magazine La gazette des communes. N'hésitez pas à me contacter si vous souhaitez lire l'article ;-)
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Arthur Devriendt
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