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« J'habite là où je voulais habiter plus jeune» - Un dimanche à Hambourg #14

Arthur Devriendt
Arthur Devriendt
Moin Moin,
Vous y croyez aux dinosaures ? La question peut paraître incongrue. Mais elle vous aura sans doute traversé l'esprit si vous avez aperçu l'installation de l'artiste Moritz Frei au sommet du pavillon d'art contemporain de la Kunsthalle.
Des choses bizarres, vous en croiserez également dans ce nouvel épisode de « Un dimanche à Hambourg » : qu'il s'agisse de l'art des toilettes, de la vie nocturne d'une chouette ou encore d'une fuite vers la Bavière en compagnie d'un vendeur de saucisses…
Et vous, votre semaine a-t-elle été plutôt carrée ou tordue ?
Viel Spaß beim Lesen et à dimanche prochain !
Arthur Devriendt - twitter : @aboketabak / insta : @dimanche_hambourg
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« J'habite là où je voulais habiter plus jeune »
Collaboratrice du Zeit et du Spiegel, primée à de multiples reprises, la journaliste Silke Burmester a ouvert en octobre dernier les portes du Palais F*luxx, un site internet dédié « aux femmes de plus de 47 ans ».
Pour « Un dimanche à Hambourg », elle revient sur l'importance du collectif et livre sa géographie personnelle de Hambourg, où elle vit.
Silke Burmester - Palais F*luxx
Silke Burmester - Palais F*luxx
« Pas de cuisine, pas de jardinage, pas de mode ni de cosmétique » Telle est la tenue correcte exigée au sein du « Palais F*luxx ». À la place ? Des témoignages, anonymes ou signés, de la sexualité, des idées, des coups de cœur culturels et des découvertes artistiques. La règle : tout doit être écrit ou proposé par des femmes de plus de 47 ans. Les « invisibles ».
Créée sous la forme d'une newsletter, le « Palais » s'est peu à peu transformé en véritable plateforme, qui déborde sur l'application audio Clubhouse et où un podcast vient de faire son apparition. Chaque contributrice qui le souhaite est la bienvenue. Une dimension collective à laquelle tient fortement Silke Burmester.
« En mai dernier, j'ai écrit à une centaine de femmes de mon entourage. J'ai dit ce que je prévoyais, ce que je voulais faire, là où j'avais besoin d'aide, et je leur ai demandé si elles voulaient recevoir la newsletter. » Les retours sont tout de suite positifs : 70 d'entre elles s'abonnent et certaines se manifestent pour indiquer leur envie d'y participer activement.
À l'été 2020, une rencontre de travail est organisée avec 25 volontaires. D'autres réunions collectives suivront, dans le respect des gestes barrière. Désormais, à côté de Silke Burmester, ce sont Anette Frisch, Simone Glöckler et une dizaine de femmes qui concourent à la bonne marche du palais, entre gestion technique, rédaction, relectures et corrections.
L'engagement de Silke Burmester, née en 1966, n'est pas nouveau. Celle qui est membre de l'organisation Pro Quote créait, il y a une trentaine d'années, planet pussy, un « fanzine pop-féministe ». Un terme qui n'apparaît plus aujourd'hui sur « Palais F*luxx » : « C'est le résultat des combats féministes : on n'a plus à l'écrire, c'est évident. » Moins radicale qu'à l'époque, elle revendique désormais le droit à « rester sur soi » : « Je veux utiliser mon énergie pour quelque chose de constructif. »
Une énergie qu'elle met au service du « Palais F*luxx » dont elle s'occupe depuis sa cuisine, dans le Karoviertel de Hambourg : « J'ai grandi en bordure de la ville, à Reinbek. Quand à 15 ans on commence à découvrir la grande ville, c'est sur la Marktstraße que l'on va en premier. C'est excitant et il y a plein de chauses à découvrir. Aujourd'hui, j'habite là où je voulais habiter quand j'étais jeune. »
Conseillerait-elle la ville à d'autres femmes de son âge ? « Si vous voulez vieillir dans le calme et la beauté, Hambourg est vraiment agréable. Mais si vous avez envie de vivre quelque chose, d'avoir une scène culturelle qui bouge, alors Hambourg est une ville immobile. »
C'est pourtant loin du Karoviertel ou de Sankt Pauli que Silke Burmester nous emmène pour son endroit préféré de Hambourg. À l'est, à Zollenspieker, « où l'Elbe est très large et où l'on peut regarder le va-et-vient des ferries. » Un endroit où l'emmenait, enfant, sa grand-mère. Une histoire de femmes, déjà.
«Feuilleton» : les idées qui agitent l'Allemagne
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Sur la toile · Road trip halluciné et Kunst fürs Klo
Quand Roland Topor, auteur des hilarantes Mémoires d'un vieux con, s'attaque à un scénario de film, il n'est pas surprenant que le résultat soit absurde et déjanté. Comme dans La maladie de Hambourg, réalisé par Peter Fleischmann, sorti en novembre 1979 et disponible en VOD.
Sans nous en rendre compte, nous voilà en contresens sur l'autoroute, à bord d'une caravane qui doit être livrée à un client bavarois et où deux italiennes débarquées à l'improviste soignent le pied d'un homme trouvé nu sur un toit. Pendant ce temps, dans la voiture de tête, un hippie tente d'établir une connexion mentale avec un professeur de médecine.
Un retour en arrière s'impose. Quelques jours plus tôt a lieu à Hambourg un congrès sur le prolongement de la vie. On discute de l'éternité quand Sebastian, le professeur de médecine, est interrompu. Une de ses connaissances est transférée à l'hôpital. Arrivé sur place, on l'informe que des décès énigmatiques se multiplient en ville.
Si les symptomes n'indiquent aucune maladie connue, tous les morts ont un point commun : ils sont recroquevillés sur eux-mêmes, en position fœtale. Alors que consigne est donnée de ne pas alerter la population, les autorités s'activent pour tenter de ralentir la diffusion de la maladie…
Hambourg coupée du monde : un barrage policier au niveau de la Speicherstadt
Hambourg coupée du monde : un barrage policier au niveau de la Speicherstadt
Au port, un navire turc est placé en quarantaine. En ville, les clients des bordels sont emmenés de force par des hommes en combinaison intégrale. Au poste de crise, on tente d'estimer le nombre de personnes infectées à l'aide de calculs semi-savants. Ce qui nécessite quelques hypothèses : « Peut-on dire que la moitié des femmes de Hambourg ont un amant ? »
Alors que les mesures sanitaires se durcissent, le professeur se retrouve enfermé dans un centre de quarantaine où il rencontre Ulrike, jeune fille aux allures de nymphe un peu perdue, et Heribert, un vendeur de saucisses. Lors d'une révolte, ils parviennent à s'échapper du centre et à franchir un barrage policier qui isole la ville du reste du monde.
Commence alors un voyage vers le sud, de Lunebourg à la Bavière. Une expédition lors de laquelle ils découvriront l'étendue des mesures sanitaires – de la vaccination sous contrainte à l'épandage de substances mystérieuses – et atterriront dans une fête où une élite économique, ravie de voir succomber démocrates et écologistes, célèbre une nouvelle période de « croissance infinie ».
Il n'en fallait pas plus pour que le film trouve, ces derniers mois, une certaine résonnance dans les rangs des anti-COVID, en dépit de son caractère halluciné affirmé et revendiqué. Interrogé à ce sujet sur France Culture, Peter Fleischmann répondait d'une jolie formule : « Si ma fantaisie est devenue réalité, je devrais prendre mes distances… pour avoir des idées encore plus absurdes. »
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Le son du dimanche · Animal nocturne
Jan Delay ft. Marteria – « Eule »
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Alors que les Daft Punk ont quitté la scène, le rappeur hambourgeois Jan Delay revient en compagnie du chanteur Masteria pour un titre funky à souhait. S'il est question de la vie nocturne d'une chouette, le parallèle est vite fait avec les musiciens qui ont aussi fait le choix de laisser aux autres la journée pour déployer leurs ailes à la lumière de la lune… Showtime !
Le son allemand (du dimanche) - La playlist Spotify
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Arthur Devriendt @aboketabak

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