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« Hambourg : une respiration et un rendez-vous avec moi-même » - Un dimanche à Hambourg #3

Arthur Devriendt
Arthur Devriendt
Moin!
L'année 2021 sera-t-elle meilleure que l'année 2020 ? On aimerait tous y croire. L'annonce de l’annulation de la 832ème édition de l'anniversaire du port de Hambourg, prévue en mai prochain, n'est cependant pas de nature à nous rassurer.
On espère que la philosophe Corine Pelluchon pourra en octobre rejoindre la ville hanséatique. Dans un entretien, elle nous dévoile ce qu'elle espère de sa future résidence au sein du centre de recherche « The New Institute ».
Ce qui est néanmoins sûr, c'est que l‘auteur de ces lignes va entamer sa 35ème année mercredi prochain. Il vous a donc concocté un programme à la hauteur des enjeux, avec parapluie, portes ouvertes et objets perdus !
Viel Spaß beim Lesen et à dimanche prochain !
Arthur Devriendt

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Corine Pelluchon · « Hambourg : une respiration et un rendez-vous avec moi-même »
Au travail dans une maison de campagne à la faveur du confinement, la philosophe Corine Pelluchon prépare une année 2021 intense. Après la publication de son dernier ouvrage*, elle se rendra en Californie puis à Hambourg pour une résidence de 11 mois, invitée par « The New Institute ».
Corine Pelluchon / Bénédicte Roscot
Corine Pelluchon / Bénédicte Roscot
« Quand ils m’ont fait cette proposition, cela a été un oui franc et massif » lance la professeure à l'université Gustave Eiffel. Spécialiste de philosophie politique et d'éthique, elle rejoindra en Allemagne cet institut qui a placé au centre de ses préoccupations la réflexion sur le devenir de la démocratie et sur les changements à l’ère de l’anthropocène.
Si elle se réjouit de pouvoir se consacrer à ses sujets de recherche, l'auteure du récent recueil à succès Réparons le monde est encore plus enthousiaste à l'idée de trouver un collectif de travail : « Je cherche depuis des années à travailler avec d’autres chercheurs. À Hambourg, dans cet institut, la coopération sera encouragée. »
«The New Institute» : ouverture en septembre 2021
En Allemagne, Corine Pelluchon ne sera pas en terre inconnue. Très tôt, elle a développé « une passion pour la langue allemande ». Enseignante en lycée pendant plus de 15 ans, elle récitait à ses élèves des poèmes de Rilke et a traduit, plus tard, deux textes du philosophe juif allemand Leo Strauss.
Aujourd'hui, la publication de ses livres par des éditeurs comme C.H. Beck ou WBG lui assure une certaine reconnaissance outre-Rhin. En février 2020, elle a reçu à Munich le prix Günther Anders de la pensée critique et en septembre, c'est l'hebdomadaire Die Zeit qui lui ouvrait ses colonnes.
« Ce séjour me donnera l'occasion de prendre du recul par rapport à mon pays et de prendre aussi rendez-vous avec moi-même, car depuis des années, je suis souvent en surmenage. » Pour en profiter au mieux, elle restera à Hambourg plus que les quatre jours réglementaires par semaine : « Je souhaite être en immersion. Pour la langue, mais aussi pour apprendre des autres et découvrir d’autres manières de voir, de penser. »
Pour les visites de la ville, qu'elle ne connaît pas encore, Corine Pelluchon s'est déjà renseignée : « J’ai compris qu’il fallait apporter son parapluie. Mais j’ai vu aussi qu’il y avait plein de restaurants vegans… »
Avant de rejoindre « The New Institute » en tant que Fellow en octobre 2021, Corine Pelluchon sera professeure invitée à l'université de Californie (Santa Barbara). Son prochain livre, Les Lumières à l'âge du vivant, paraîtra le 7 janvier 2021 au Seuil. Sont déjà parus en Allemagne : Ethik der Wertschätzung. Tugende für eine ungewisse Welt (WBG, 2019) ; Wovon wir leben. Philosophie der Ernährung und der Umwelt (WBG, 2020) et Manifest für die Tiere (Beck, 2020).
Du côté des initiatives · Le Sankt Pauli Museum ferme ses portes
Ce devait être un nouveau départ. En juin dernier, le musée du légendaire quartier Sankt Pauli inaugurait ses nouveaux locaux près de la Reeperbahn. Cinq mois plus tard, l'association à la tête de l'établissement s'est dissoute et les portes du musée ont définitement fermé.
En 2010, le Sankt Pauli Museum s'installait au 17 de la Davistraße
En 2010, le Sankt Pauli Museum s'installait au 17 de la Davistraße
Créé en 1988 par le journaliste et photographe Günther Zint, le Sankt Pauli Museum proposait à ses visiteurs des souvenirs des premiers concerts des Beatles, une collection d'images de l'acteur Hans Albers ou encore les costumes des célèbres travestis s'étant produit dans les clubs des environs.
Au-delà des seules expositions, le musée bénévole entretenait une riche collection d'archives ainsi qu'une bibliothèque. Une démarche de valorisation du patrimoine local que le musée souhaitait également pousser avec d'autres acteurs du quartier par une reconnaissance de l'UNESCO.
Engagé contre les dynamiques de gentrification et d'embourgeoisement, le musée aura été lui-même mis en difficulté, à la fin de l'année 2019, par une importante hausse de loyer. Dans ses nouveaux locaux, la crise sanitaire n'aura pas permis à l'équipe d'atteindre son équilibre financier.
Une plongée dans les ateliers d'artistes : «Open Studio»
«Sans frontières» : un prix pour le cabinet médical à destination des personnes sans assurance maladie
Le coin des idées · Hambourg, ville intelligente ?
Depuis 2013, la ville de Hambourg travaille à devenir une «smart city». Une stratégie récompensée aujourd'hui par une reconnaissance internationale. Dans la revue Cities, les universitaires Lidia Bär, Marinus Ossewaarde et Minna van Gerven se penchent sur l'idéologie qui fonde cette politique.
Extrait d'une présentation de la «Digital Strategy» de Hambourg (2018)
Extrait d'une présentation de la «Digital Strategy» de Hambourg (2018)
Les critiques ne sont pas rares contre les projets de ville intelligente : orientation mercantile des solutions proposées, inefficacité à répondre aux enjeux majeurs de notre époque, consommation électrique affolante des objets connectés, risques importants de fuite des données…
Pourtant, les auteurs notent que c'est toujours un optimisme béat qui caractérise les discours des officiels de Hambourg. A la fois nécessité et solution, la «smart city» permettrait d'assurer prospérité économique, participation citoyenne et respect de l'environnement.
En mobilisant un cadre théorique dominé par la figure d'Adorno, les auteurs cherchent à montrer en quoi l'idéologie véhiculée par ces discours, marqués par une «mystification de la technique», répond à un besoin de «stabilisation du statu quo», réaffirmant le primat de l'économique et déligitimant les critiques exprimées à son encontre.
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A côté de l'offre «rétro» de l'audiovisuel public du nord de l'Allemagne (voir ci-dessus), ARTE propose cette semaine deux documentaires qu'il ne faut pas rater. Pour les marathoniens de Youtube, les quatre heures de la «Nuit des Médias 2020» de Hambourg est accessible.
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 « Ta parole noie mes mots, il n'y a pas d'endroits pour moi »
« Ta parole noie mes mots, il n'y a pas d'endroits pour moi »
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Arthur Devriendt
Arthur Devriendt @aboketabak

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