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L'actualité du commerce biologique

L'actualité du commerce biologique

6 février · Numéro #10 · Consulter en ligne

Tous les jeudis, la lettre d'information 100% consacrée à l’actualité du commerce de produits biologiques.


Au sommaire cette semaine :
  1. Le marché de la vente en vrac en plein essor
  2. Avec Paysans d'ici, Ethiquable veut développer le commerce équitable en France
  3. L'échec du plan “Ambition Bio 2022”
  4. Greenweez déploie un service de livraison le jour même sur 6 000 produits bio
  5. Comptoirs de la bio en quête de franchisés pour continuer à se développer
  6. Les dix tendances bio en 2020 selon Whole Food Market
  7. Les nouveautés Produits

📈 [MARCHÉ] Les ventes en vrac pèsent 1,2 milliard d'euros en France
Avec l'éveil des consciences face à la surabondance de déchets et au gaspillage alimentaire, la consommation de produits en vrac gagne peu à peu du terrain en France. En 2019, 4 Français sur 10 ont acheté au moins une fois des produits vendus en vrac (Nielsen, déc 2019), et le marché du vrac dans l'Hexagone a atteint 1,2 milliards d'euros en 2019, selon les estimations de l'association Réseau Vrac. Sur la base d'une croissance de près de 50% chaque année, l'association prévoit que d'ici 2022, le chiffre d'affaires total généré par les ventes en vrac sur les produits de grande consommation, devrait atteindre 3,2 milliards d'euros. Soit peu ou prou, un triplement de sa taille actuelle.
Historiquement, une grande partie du mérite est attribuable aux magasins biologiques spécialisés qui, très tôt, se sont appropriés le vrac. Mais peu à peu, avec l'extension de l'offre et de la diversité des produits disponibles, d'autres acteurs s'emparent du phénomène, preuve de leur confiance de le voir grandir encore davantage.
« Aujourd'hui, le marché du vrac se répartit entre les enseignes spécialisées comme ‘Day by Day’, les distributeurs spécialisés sur le bio, et les grandes surfaces alimentaires. Les GSA représentent environ 50% des ventes, les spécialistes bio 45% et les magasins spécialisés dans le vrac pèsent pour 5% ». Célia Rennesson, co-fondatrice et directrice générale de Réseau Vrac.
Bonne nouvelle pour les acteurs du bio, l'association estime qu'une très large partie des produits vendus en vrac sont biologiques. Près de 90% de l'offre vrac en grande distribution alimentaire, 80% dans les magasins spécialisés sur le vrac, et évidemment, 100% dans les enseignes bio.
Si le marché va continuer de grossir, il y a, en revanche, fort à parier que la répartition des ventes entre les différents acteurs en présence évolue elle aussi. Notamment en faveur des grandes surfaces, qui s'approprient de plus en plus le phénomène, et disposent de moyens considérables pour le faire croître dans ses magasins. En outre, grâce aux évolutions récentes du cadre réglementaire sur la vente en vrac, les distributeurs pourraient être encouragées à accélérer encore davantage.
En effet, après avoir été adopté par l'Assemblée nationale, le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire a été adopté à l'unanimité au Sénat jeudi 30 janvier 2020. Or, parmi les objectifs de ce projet de loi, figure le développement des solutions de vrac, et prévoit que tout consommateur «peut demander à être servi dans un contenant apporté par ses soins, dans la mesure où ce dernier est visiblement propre et adapté à la nature du produit acheté».
Certains groupes de distribution l'ont formalisé et intégré dans leur stratégie de développement. Dans une interview accordée à L'Obs à la fin du mois de janvier dernier, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard expliquait ainsi : « le suremballage, le plastique… tout cela sera derrière nous. Le faible impact environnemental de notre consommation sera la règle. Nous aurons mis au point des emballages totalement recyclables, compostables, réutilisables à l'infini, personnalisés qui permettront à chacun de packager ses achats de manière individuelle ».
L'expansion du vrac en France pourrait aussi être dopée si l'offre parvient à suivre le tyhme de croissance de la demande, notamment s'agissant des produits frais comme les yaourts, les boissons ou encore la cosmétique. Si de grands industriels comme L'Oréal ou Danone travailleraient déjà en ce sens, en développant des solutions commercialisables, les industriels du bio, ont eux aussi une vraie carte à jouer.
👨🏻‍🌾 [STRATÉGIE] Avec Paysans d'ici, Ethiquable veut développer le commerce équitable en France
Miser sur des légumineuses germées, produites en France et issus du commerce équitable, pour confectionner des pâtes bio qui seront vendues en GMS, est un pari osé. C'est pourtant celui qu’a choisi de relever la marque Paysans d’ici à travers le lancement de 4 types de pâtes composées de blé, mais aussi de lentilles, de pois jaunes et de pois chiches germés. Paysans d'ici appartient à la Scop (Société coopérative) Ethiquable, dont la renommée s'est construite autour du commerce équitable qu'elle a développé avec les pays du Sud. A travers Paysans d'ici, Ethiquable applique aux producteurs français, sa philosophie en matière de commerce équitable. Il s'agit du ‘commerce équitable Nord-Nord’, reconnu par la loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire, comprenant le commerce avec des pays développés. Depuis son lancement en 2011, Paysans d'ici a grandi, gagné en notoriété et a surtout, beaucoup étoffé sa gamme de produits. Passés de 15 références au départ à 45 aujourd'hui, depuis les céréales, en passant par le thé, les biscuits, les confitures, jusqu'aux jus de fruits, les produits Paysans d’ici sont issus de 15 groupements d’agriculteurs. Pour pouvoir travailler avec la marque, ces derniers répondent aux exigences prévues par la loi de 2014, et s’inscrivent en outre dans le cadre d’une charte rédigée par Ethiquable dont les principaux axes sont : un prix rémunérateur qui couvre les coûts de production des producteurs, un contrat signé avec ces derniers pour une durée de trois ans renouvelables, et un avantage donné aux systèmes de production écologiques. « Nous considérons comme primordiale de favoriser ce que nous pensons être l’agriculture de demain », souligne Christophe Eberhart, co-fondateur d'Ethiquable, en charge des filières.
Agro-écologie, alternative à la viande, et time to market
Le recours aux légumineuses pour fabriquer des pâtes est le fruit d’une réflexion aboutie menée par la marque Paysans d'ici. D'abord, c'est un moyen de soutenir les initiatives qui s’inscrivent dans la philosophie de l’entreprise sur l'encouragement de pratiques agricoles dites écologiques. En effet, Paysans d’ici travaille depuis 2016 avec la coopérative Qualisol – installée dans le Tarn -, dont l'une des particularités est précisément d’accompagner ses producteurs vers l’introduction de légumineuses dans la rotations des cultures. L'idée, aider à fixer l'azote naturellement dans les sols, tout en stabilisant ces derniers.
Mais ce n'est pas là l'unique motivation de la marque. C'est aussi le moyen d'apporter une réponse à de nouveaux modes de consommation. En effet, le choix d'utiliser des légumineuses pour fabriquer des pâtes s'inscrit dans un mouvement de prise de conscience collective autour des enjeux écologiques liées à la production intensive de viande. Alternatives de plus en plus crédibles face à la viande de part leur richesse en protéines, les légumineuses sont ici pré-germées, ce qui favorise la bonne assimilation de leurs nutriments par l'organisme, et facilite leur digestion. Enfin, de manière un peu plus prosaïque, c'est aussi une question de timing commercial. « La physionomie des rayons biologiques de grandes surfaces a beaucoup évolué ces dernières années. On y trouve désormais des produits de plus en plus pointus, qu’on ne trouvait avant qu’en magasins spécialisés », note Christophe Eberhart.
Des ventes en croissance de 27%
Cette approche globale suivie par Paysans d'ici semble lui profiter positivement. En 2019, la marque a généré 5 millions d'euros de chiffre d'affaires, portée par une croissance de ses ventes de 27% par rapport à 2018. Sa maison-mère Ethiquable a de son côté progressé de 20% et enregistré 61 millions d'euros de revenus en 2019. Pour faire grandir sa marque, Ethiquable le sait bien, elle doit faire grossir le commerce équitable en France, ce qui passe notamment par la consolidation de son réseau de producteurs partenaires.
Alors qu'elle assiste avec d'autres, à la montée en puissance de phénomènes nouveaux comme la marque « C qui le patron ?! », elle veut désormais aller plus loin que la charte qu’elle a établi pour guider ses relations avec les producteurs français. Avec d’autres marques, Ethiquable travaille ainsi à imaginer un nouveau label, comprenant un cahier des charges et des contrôles indépendants. Une manière de crédibiliser et de structurer encore plus sa philosophie, tout en mettant en lumière auprès des consommateurs une vision du commerce en France, qui gagnerait à être encore davantage connue.
🚜 [AGRICULTURE] Le plan « Ambition Bio 2022 » pour convertir 15% des terres agricoles en bio ne sera pas atteint
L’objectif était, pour ainsi dire, trop ambitieux. Le plan « Ambition Bio 2022 » a vu le jour en juin 2018, à l’issue de la tenue du Grand Conseil d’Orientation (GCO) de l’agriculture biologique, animé par l'ex-ministre de l’agriculture de, Stéphane Travert, en présence de Gérard Michaut Président de l’Agence Bio, remplacé depuis par Philippe Henry, et son Directeur Florent Guhl. Ce plan, doté d’une enveloppe de 1,1 milliard d’euros, prévoyait que 15% de la surface agricole utile (SAU) en France soit convertie à l’agriculture biologique à horizon 2022. Or, selon un rapport de mi-parcours portant sur les financements publics consacrés à l’agriculture biologique, rendu public mercredi 5 février, « les surfaces (agricoles) entrées en conversion ces dernières années suivent un volume d’accroissement qui est incompatible avec l’atteinte de l’objectif fixé par le programme « Ambition Bio 2022 ».
Un projet “communicationnelle”
Co-signés par les sénateurs Alain Houpert (Les Républicains) et Yannick Borel (Socialiste et Républicain), le document de 285 pages, indique non sans une forme certaine d’ironie, que le projet devrait même être rebaptisé « Ambition Bio (au mieux) 2026 ». Selon l’analyse des Sénateurs, l’ambition de l’État à travers ce projet était très « communicationnelle ». En réalité, l’État aurait adopté des objectifs de développement de l’agriculture biologique « alors même qu’il ne dispose plus de moyens autonomes de les atteindre et n’a exercé que faiblement ses missions de coordination ». Selon les données de l’Agence Bio, fin 2018, 2 millions d’hectares étaient cultivés en bio soit 7,5 % de la SAU française, contre 6,5% en 2017. Aussi, avec 5 000 exploitations supplémentaires en 2018, la France compte un total de 41 600 fermes engagées dans l’agriculture biologique. Toutefois, si l’évolution des données publiées par l’Agence Bio montre en effet qu’il faudrait donner un sacré coup d’accélérateur pour atteindre l’objectif de 15% de la SAU en bio d’ici 2022, le rapport émet en outre un doute sur la fiabilité de ces données.
« D’ores et déjà, des explications devraient être fournies quant aux données par lesquelles l’Agence Bio rend compte de l’extension des surface en bio. On rappelle que le taux de refus des aides bio de la part des services instructeurs est considérable et que les décomptes surfaciques ont été considérés comme si approximatifs par la Commission européenne que la France a dû faire face à des corrections financières d’une ampleur considérable. On ne voit pas que ces derniers dysfonctionnements aient été pris en compte par l’Agence Bio. Une fiabilisation totale des décomptes surfaciques s’impose », tranche le rapport.
Par ailleurs, concernant plus spécifiquement les aides versées aux agriculteurs en conversion vers le bio, le rapport évoque une « politique publique sans carte d'identité budgétaire », et souligne en outre que les financeurs sont « éparpillés » entre le Fond européen agricole pour le développement rural (Feader), les régions, le cofinancement des aides par le budget du ministère de l'agriculture, et les Agences de l'Eau. « Cette superposition des financeurs conduit à une stratification des soutiens qui suivent des modalités d’attribution singulières, alors qu’elles devraient théoriquement être unifiées. »
Le maintien (ou pas) de l’Agence Bio, évoqué
Le rôle, les fonctions et le mode fonctionnement de l'Agence Bio sont également critiqués dans le rapport. Les auteurs pointent ainsi des missions « composites » et souvent « contradictoires ». Aussi, l’Agence consacrerait une partie « considérable » des moyens publics qui lui sont attribués « à assurer la ‘promotion’ de l’agriculture biologique aux dépens de missions d’intérêt public majeur ».
Il remet également en cause la gouvernance de l’Agence dont les conditions sont jugées « pas satisfaisantes, et l’éventualité de situations de conflits d’intérêt évoquées dans le cadre du contrat d’objectifs et de performance (COP) aurait gagné à être écartée avant la conclusion du nouveau COP. La gestion du « fonds avenir bio », dont l’objet est justifié, appelle la réalisation d’un audit ». Les sénateurs concluent sur ce point en recommandant de doter les organismes chargés du pilotage du bio des moyens de leurs missions, « en ayant résolu la question du maintien de l’Agence Bio et de la dévolution de ses missions, et améliorer leur gouvernance de façon drastique ».
📦 [LOGISTIQUE] Greenweez déploie la livraison le jour-même pour ses clients franciliens
Le spécialiste du bio sur Internet, Greenweez, vient de lancer un nouveau service de livraison dans la journée. Baptisé « Greenweez le Marché », il est dans un premier temps destiné aux Franciliens qui résident à Paris Intra Muros, dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, mais sera étendu dans quelques semaines à l'ensemble de l'Ile de France. Pour toute commande passée avant 12h00, Greenweez propose désormais de livrer le client le jour même jusque 22h en semaine, et entre 8h et 12h le samedi matin. Cerise sur le gâteau, le client a la possibilité de choisir l'heure à laquelle il souhaite recevoir sa commande, sur un créneau horaire de deux heures.
« Proposer ce service de livraison rapide et à domicile, nous semblait essentiel pour permettre à un plus grand nombre de pouvoir consommer bio, tout en se simplifiant la vie, et à un prix maîtrisé. » Romain Roy, DG et fondateur de Greenweez.
Un prix de livraison dégressif
Pour pouvoir bénéficier de ce service, le montant minimum de la commande doit atteindre un tarif plancher de 60 euros. Jusqu'à 120 euros d'achats, la livraison est facturée 7,90 euros, puis son montant est dégressif selon plusieurs tranches. Ainsi, entre 120 et 150 euros d'achats la livraison est facturée 5,90 euros, elle est ensuite facturée 3,90 euros si le client commande un panier dont le montant est compris entre 150 et 200 euros. Au-delà de 200 euros, la livraison est offerte.
Une offre de 6 000 produits
Produits frais, crèmerie, sélection vegan, produits bébé, hygiène/ beauté, zéro déchet, au total 6 000 produits sont disponibles sur la plateforme « Greenweez le Marché », qui commercialise en outre une sélection de fruits et légumes cultivés en Ile-de-France. Ils proviennent de la Coop Bio d’Ile-de-France, une structure qui rassemble les producteurs bio implantés dans la région. Puisque les livraisons rapides s’effectuent à Paris, dans le 92 et le 94 (avant la livraison dans quelques semaines dans toute l’Ile-de-France), c’est de tout près, d’un nouvel entrepôt Greenweez à Rungis, que proviennent la totalité des produits. Par ailleurs, l'entreprise a noué un partenariat avec le spécialiste de la livraison frigorifique, Delifresh, afin de garantir une livraison dans un strict respect de la chaîne du froid (entre 0° et 4°).
L'enjeu-clé de la livraison express
Enjeu majeur pour le développement de l'e-commerce, et dans la course aux parts de marché, les délais de livraison dans le commerce en ligne ne cessent de se raccourcir, notamment en Ile de France. Dans l'univers du commerce de produits bio, rares sont les distributeurs ayant fait le choix de livrer leurs clients dans la journée. En Ile de France, la dernière enseigne à l'avoir proposé à ses clients est Naturalia, en août 2019. Pour cela, l'enseigne du groupe Casino a noué un partenariat avec le service Prime Now d'Amazon, capable de livrer les commandes dans la journée, ou en deux heures. Une méthode qu'avait également choisi de mettre en place dès 2016 une autre enseigne spécialisée, Bio c'Bon, mais finalement stoppée l'année dernière de manière concomitante avec l'arrivée de Naturalia sur la plateforme Prime Now d'Amazon.
🙋‍♂️ [RECRUTEMENTS] Les Comptoirs de la Bio en quête de nouveaux franchisés
Après avoir ouvert 34 nouveaux magasins en 2019, Les Comptoirs de la bio prévoit d'en ouvrir 20 supplémentaires au cours du 1er semestre de cette année. Afin de faire face à ce rythme très soutenu d'ouvertures, le groupement d'indépendants mise notamment sur la découverte d'entrepreneurs en quête de projets autour de la bio.
« Le développement de notre groupement est porté par un marché dynamique et nous accueillons à nos côtés des adhérents indépendants venus de différents horizons. Notre force réside dans un accompagnement expert et spécialiste au service de la Bio. Nous sommes présents aux côtés de nos futurs adhérents, de la recherche des locaux jusqu’à l’animation du point de vente, en passant par le recrutement des équipes et la formation. Notre réseau grandit, se déploie en France et je reste particulièrement attentif à ce qu’il continue d’apporter une réponse pertinente et pérenne aux attentes des consommateurs avec une alimentation qui a du sens et du goût ». Philippe Bramedie, Président-Fondateur Les Comptoirs de la Bio.
En recherche active des bons candidats pour lancer ses futurs points de vente, Les Comptoirs de la bio participeront ainsi au Salon de la Franchise qui se déroule à Paris du 22 au 25 mars 2020. L'entreprise, qui a fait entrer le groupement des Mousquetaires (Intermarché) à son capital en janvier 2018, entend ainsi mettre en avant son concept de bio globale (alimentation, hygiène/beauté, entretien …), soutenu de multiples (conseils, soins, ateliers, …) et d’engagements mettant à l‘honneur le travail des producteurs locaux et limitant les déchets.
400 nouveaux postes en 2020
Pour accompagner les ouvertures de magasins, l'enseigne a mis en place, grâce un partenariat avec l’Académie des Métiers, un circuit de recrutement et de formation « clés en main », qui ne nécessite aucun investissement financier de la part des adhérents. Au total cette année, Les Comptoirs de la Bio prévoient de créer 400 postes.
🍉 [CONSO] Les 10 tendances alimentaires dans le bio en 2020 selon Whole Food Market
On le sait bien, le marché alimentaire américain est différent sur de nombreux aspects du marché français. Néanmoins, Whole Food Market est la première chaine de magasins biologiques spécialisés aux Etats-Unis, et avec près de 500 points de vente et un chiffre d'affaires de 15,7 milliards de dollars (14,3 milliards d'euros, en 2017), elle est aussi fine connaisseuse des tendances de consommation du bio Outre-Atlantique. Voici son top 10 des tendances alimentaires pour l'année 2020.
1 - L'agriculture régénératrice
Les agriculteurs, les producteurs, les universitaires, les agences gouvernementales et les distributeurs regardent de plus près comment utiliser les pratiques de gestion des terres et des animaux pour améliorer la santé des sols et séquestrer le carbone. Bien que le terme «agriculture régénératrice» puisse avoir de nombreuses définitions, il décrit en général les pratiques agricoles et de pâturage qui restaurent les sols dégradés, améliorent la biodiversité et accroissent la capture du carbone pour créer des bienfaits environnementaux durables, ayant un impact positif sur le changement climatique.
2 - La farine dans tous ses états
De nouvelles farines font leur apparition sur le marché. Les consommateurs recherchent des ingrédients utilisés dans les plats traditionnels, comme la farine de teff utilisée pour l'injera éthiopien (des galettes à base de farine de teff, ndlr). 2020 verra l'apparition de farine de fruits et légumes plus intéressantes (comme la banane!) dans les placards, avec des produits comme la farine de chou-fleur. Alors que les consommateurs recherchent de nouvelles façons d'améliorer leur cuisine, les «super» farines fournissant des protéines et des fibres rejoignent la tendance.
3 - Les aliments en provenance d'Afrique de l'Ouest
Les saveurs traditionnelles de l'Afrique de l'Ouest font leur apparition partout dans les aliments et les boissons. Le trio de tomates, oignons et piments rouges sert de base à de nombreux plats ouest-africains, et les arachides, le gingembre et la citronnelle sont tous des ajouts courants. Les 16 pays d'Afrique de l'Ouest partagent des aliments similaires, mais chacun a ses propres spécialités basées sur des influences du Moyen-Orient et d'Europe occidentale. Les marques se tournent également vers l'Afrique de l'Ouest pour ses super aliments comme le moringa et le tamarin, mais aussi des céréales moins connues comme le sorgho, le fonio, le teff ou le millet.
4 - Le snacking prêt à l'emploi débarque dans les frigos
Finie l'époque où les seules options de « snacking » étaient les barres de céréales et les mini sachets de bretzels. Les réfrigérateurs se remplissent de collations fraîches et saines généralement préparées à l'avance à la maison : œufs durs avec garnitures salées, légumes marinés, soupes à boire et aliments à tremper de toutes sortes, toutes parfaitement portionnées et en emballage à usage unique. Même les barres nutritionnelles ont migré des étagères vers les réfrigérateurs, grâce à l'ajout de fruits et légumes frais.
5 - L'émergence de nouvelles plantes, au-delà du soja
Le tofu aura toujours sa place à la table du petit-déjeuner végétalien, mais en 2020, les marques ralentissent sur le soja, qui a traditionnellement dominé l'espace des protéines végétales. Certains des produits se revendiqueront «sans soja» cette année, et le remplaceront plutôt par des mélanges innovants comme les céréales et les haricots mungo, mais aussi le chanvre, de la citrouille, de l'avocat, des graines de pastèque et de la chlorelle dorée.
6 - Le boom du « tout beurre », des crèmes ou des purées
Cela se produira probablement en 2020. Au-delà de la crème réalisée à base de graines de tahin, il y a le beurre de graines de pastèque, et les produits saisonniers comme le beurre de citrouille. Des beurres, crèmes ou purées de noix au-delà des noix de cajou, des amandes et des arachides (macadamia) et même de pois chiches. De nombreuses marques cherchent à éliminer l'utilisation de l'huile de palme ou à promouvoir une certification d'huile de palme « responsable », en utilisant des noix cultivées de manière à réduire les risques d'impact environnemental.
7 - Des repas pour enfants repensés
D'ici 2026 aux Etats-Unis, 80% des millénials auront des enfants et de nombreux parents initient leurs enfants à des aliments plus originaux (voir des enfants manger aux côtés de leurs parents au bar à sushi Whole Foods Market serait devenu monnaie courante). Les marques alimentaires s'intéressent déjà à la prochaine génération de consommateurs, et prennent en considération les palais plus jeunes et plus sophistiqués. Aliments fermentés, épicés ou riches en saveurs umami, mais aussi des pâtes colorées à base de farines alternatives. Il est peut-être temps que les adultes commencent à changer les menus de leurs enfants.
8 - Des sucres alternatifs
Pour ceux qui recherchent la douceur en dehors des habituels sucre, stévia, miel et sirop d'érable, il y a désormais beaucoup de choix. Les réductions sirupeuses provenant de fruits comme le moine, les grenades, la noix de coco et les dattes sont un moyen d'ajouter des saveurs concentrées et originales dans les recettes de desserts par exemple. Les sirops sucrés à base d'amidons comme le sorgho (originaire d'Afrique) et la patate douce peuvent être comparés aux saveurs de la mélasse ou du miel, et peuvent être utilisés pour la cuisson et l'édulcoration des boissons.
9 - Les mélanges « viande-végétal »
Les flexitariens sont à l'honneur. Les bouchers et autres marques de viande s'approprient aussi l'engouement pour le végétal en 2020, même s'ils ne deviendront pas végétariens. Les chefs cuisiniers à travers les Etats-Unis ont suivi cette tendance depuis des années grâce au projet « Blended Burger » de la Fondation James Beard, un mouvement qui vise à rendre le hamburger « meilleur pour les clients et pour la planète » en mélangeant la viande avec au moins 25% de champignons frais. L'ajout d'ingrédients à base de végétaux aux boulettes de viande et aux hamburgers a un avantage supplémentaire - c'est économique. De grandes marques comme Applegate observent si les consommateurs de viande remplaceront un hamburger de bœuf traditionnel par un hamburger à 30% d'ingrédients d'origine végétale, vantant les avantages de moins de matières grasses et de cholestérol par rapport aux données de l'USDA pour le bœuf haché ordinaire.
10 - Le développement des boissons sans alcool
Avec l'apparition de consommateurs en quête d'alternatives aux boissons alcoolisées, de nouvelles options sans alcool voient le jour, depuis les bars les plus réputés, jusqu'aux magasins spécialisés. Beaucoup de ces boissons cherchent à recréer des saveurs de cocktails classiques en utilisant des méthodes de distillation généralement réservées à l'alcool. L'avenir sera fait d'eaux pétillantes infusées de houblon.
[LANCEMENTS] Les nouveautés produits de la semaine
Le pain des fleurs mise sur l'apéritif sans gluten
Le pain des Fleurs, marque du groupe Ekibio, a annoncé le lancement de trois nouvelles références de tartines bio destinées à être commercialisée dans les rayons « apéritifs ». Sans matières grasses ajoutées, sans gluten ni allergène, ces tartines bénéficient de la note B sur le Nutri-Score. Ces nouveaux produits se composent de trois saveurs : Tomate-Paprika, Coco-Curry, et oignon. PVC en magasins bio : 2,88€.
NaturéO lance une farine de grand épeautre
Semi-complète et biologique, la nouvelle farine sous marque naturéO est réalisée avec du grand épeautre. Variété ancienne de céréale, le grand épeautre est particulièrement résistante notamment aux hivers rigoureux, et donc très adaptée à l'agriculture biologique. Pour confectionner cette farine, le distributeur collabore avec une meunerie située dans l'Ain, Moulin Marion, familiale et indépendante depuis 1897 et spécialiste de la bio depuis plus de 30 ans. Commercialisée dans les magasins naturéO, elle affiche un PVC de 4,2€.
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