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Les bonnes performances de Casino sur le bioLes GMS sont-elles entrain de tuer le bio ?Le président d
 
L'actualité du commerce biologique

L'actualité du commerce biologique

23 janvier · Numéro #8 · Consulter en ligne
Tous les jeudis, la lettre d'information 100% consacrée à l’actualité du commerce de produits biologiques.

  1. Les bonnes performances de Casino sur le bio
  2. Les GMS sont-elles entrain de tuer le bio ?
  3. Le président de Biocoop prend position contre une nouvelle cellule gouvernementale anti “agribashing”
  4. Le vin bio et français, tendance majeure du vin à l'international
  5. Nature & Progrès remet à plat son cahier des charges dédié aux productions végétales
  6. Un poulet bio vendu plus de 50 euros crée un bad buzz sur les réseaux sociaux
  7. Lancements de produits chez Priméal

🌡️ [RÉSULTATS] Les bonnes performances de Casino sur le bio
En 2019, l'enseigne Franprix a enregistré une croissance de ses ventes en bio de 15,8%
En 2019, l'enseigne Franprix a enregistré une croissance de ses ventes en bio de 15,8%
Alors que le groupe Casino a connu une période difficile l'année dernière, avec un placement en procédure de sauvegarde de sa maison-mère (Rallye), il a publié un chiffre d'affaires, pour l'exercice 2019, de 34,6 milliards d'euros, en légère hausse de 2,2%. L'entreprise a en revanche annoncé une progression de 5% de son résultat opérationnel pour la France contre les 10% initialement prévus. Aussi, l’activité Retail pour la France, a baissé de 2,8%, signe clair qu'elle n'est pas au meilleur de sa forme.
Le distributeur fait néanmoins valoir différentes poches de dynamisme, notamment parmi certaines de ses priorités stratégiques. Ainsi, l'e-commerce alimentaire a progressé de +9,6% au cours du 4e trimestre 2019, et sur la même période, le flux de clients en magasins a augmenté 0,8% grâce au déploiement de 300 magasins autonomes au sein des enseignes du groupe. Il souligne par ailleurs l'expansion de marketplaces physiques avec l'arrivée de nouveaux corners dans ses magasins (Hema notamment), mais aussi la forte progression de son programme de fidélité (200 000 souscriptions digitales sur le trimestre), ou encore le déploiement massif du digital en magasins avec notamment les solutions de scan & paiement sur smartphones, et la croissance de son activité « data ». Enfin, l'e-marchand Cdiscount dont Casino est propriétaire, affiche une santé de fer avec un volume d'affaires en hausse de 9,1% sur l'année pour atteindre près de 3,9 milliards d'euros.
Le chiffre d'affaires du bio passe la barre symbolique du milliard d'euros
Sur le segment des produits biologiques, le distributeur est parvenu en 2019 à tirer son épingle du jeu. En effet, sur l'ensemble de l'année et toutes enseignes confondues (y compris le drive), la vente de produits certifiés biologiques a généré pour le groupe un chiffre d'affaires de 1,1 milliard d'euros, en hausse de 5,9% par rapport à 2018. Il faut dire qu'il a mis en place une stratégie volontariste de développement de ce segment, avec à la clé, une croissance précieuse pour le groupe, qu'il entend pérenniser. Si bien qu'en 2021, il ambitionne de générer 1,5 milliard d'euros de revenus sur ce segment.
Pour y parvenir, le distributeur s'appuie en effet sur ses supermarchés Casino (411 en France), où les ventes de produits bio ont d'ailleurs crû de 11,9% en 2019, tandis que celles de son enseigne Géant (109 hypermarchés) ont progressé de 3,9%. Le groupe peut en outre compter sur ses drives ainsi que sur les quelques 5139 magasins de proximité ( Vival, Spar, Le Petit Casino,) qui disposent également d'une offre bio, plus restreinte certes mais qui a le mérite d'exister, et lui permet d'occuper le terrain notamment dans les campagnes les plus reculées. Aussi, toujours en 2019, l'enseigne Franprix (877 magasins) a vu ses ventes en bio fortement augmenter, de 15,8%. En revanche, grands absents des résultats communiqués jusqu'à présent sur le bio, les 784 Monoprix de l'entreprise où le bio pesait 10% du chiffre d'affaires alimentaire en 2018. Autre atout fort du groupe, l'enseigne spécialisée Naturalia, qui compte 191 points de vente à son actif et en a ouvert 9 au cours du dernier trimestre 2019. Le distributeur n'a pas encore dévoilé ses chiffres pour 2019, mais avec une croissance de 12% en 2018 et les ouvertures de magasins dont il a fait l'objet, il y a fort à parier que ses revenus ont encore augmenté en 2019. Ne serait-ce que par un effet mécanique. L'enseigne semble aussi avoir tiré son épingle du jeu dans l'esprit des consommateurs. Comme l'a montré le classement annuel des « 100 enseignes préférées des Français » dévoilé au mois de décembre 2019, Naturalia a signé une remontée spectaculaire de 66 places, pour s’installer à la 14e place en 2019.
Un premier magasin 100% bio sous enseigne Casino
C'est la dernière initiative du groupe sur le segment du bio. Casino a inauguré en décembre dernier son premier magasin 100% bio à Issy-les-Moulineaux, baptisé Casino#Bio. Le point de vente propose 4 400 références et capitalise clairement sur la MDD Casino Bio – qui a fêté ses 20 ans d'existence l'an passé -, avec 700 références sous la marque propre de l'enseigne. En outre, 150 références de la marque Leader Price Bio compose l'assortiment du magasin. Les marques nationales ne sont pas en reste puisque figurent notamment dans l'offre, des incontournables comme Labeyrie, Fleury Michon, Céréal, Herta, Coeur de Lion, Barilla, Panzani ou encore Lactel. Casino#Bio a par ailleurs vocation à couvrir chaque besoin du quotidien. Ainsi, les clients ont accès à la plupart des produits d'épicerie de base, mais aussi des produits frais, (boucherie, volaille, marée libre service, fruits et légumes, charcuterie traiteur, fromages et boulangerie – pâtisserie), des produits surgelés, du DPH, des boissons et, 70 références en vrac. Enfin, 30 références non alimentaires de la gamme « Sincère by Casino » (vaisselle, linge de toilettes, vêtements en coton bio…) sont également présentes en rayons. Néanmoins, pour l'heure, le concept Casino #Bio n'aurait pas vocation à être décliné ou déployé dans d'autres villes en France. C'est du moins ce qu'indique le groupe. Pour autant, à considérer que le magasin d'Issy-les-Moulineaux ait valeur de test et que celui-ci s'avère concluant, il y aurait fort à parier qu'il donne naissance à des petits. A condition d'identifier les zones d'implantation les plus appropriées et de ne pas multiplier la concurrence frontale avec les autres enseignes du groupe où le bio tient une place importante à savoir Monoprix, et Naturalia.
🎙️ [INTERVIEW] "Entre les distributeurs généralistes et spécialistes, il existe une opposition de façade"
La démocratisation du bio dans les assiettes des Français signe-t-elle la fin d’un marché alimentaire qui avait su jusqu’alors se préserver des travers de la grande distribution ? Comment les enseignes spécialisées peuvent-elles résister aux assauts des grandes surfaces sur ce marché en plein expansion ? Faut-il s’attendre à une concentration des acteurs en présence ? Auteure d’une vaste étude sur l’évolution du marché alimentaire biologique, Delphine David, directrice d’études pour l’institut Xerfi, revient pour Plan B(io) sur les profonds bouleversements que connaît la distribution des produits biologiques en France.
Quelles principales menaces pèsent sur le développement du marché bio en France ?
En premier lieu, l'offensive de la GMS, qui conduit à une industrialisation de la bio. Si les grandes surfaces contribuent nettement au dynamisme du marché, elles ont aussi pour effet de durcir les conditions d’approvisionnement pour l'ensemble du secteur. Or, c'est un marché marqué par une sous-offre évidente. Nous avons tout de même tenté de voir comment évoluent les pressions concurrentielles. Résultat, tout n'est pas noir ou blanc et les relations entre les maillons de la filière alimentaire bio et entre les opérateurs au sein d’un même maillon, sont complexes. Les exemples d’aides à la conversion apportées par les enseignes alimentaires (E.Leclerc, Carrefour), ou les enseignes bio (Biocoop, Les Comptoirs de la Bio) aux producteurs pour sécuriser leurs approvisionnements ne manquent pas. De l’autre, les constats d’un durcissement des relations commerciales et des pressions de l’aval vers l’amont se multiplient. Il existe en effet des fournisseurs qui refusent de travailler avec la GMS sous la pression de certaines enseignes qui ne souhaitent pas qu'ils avec la grande distribution. A l'inverse, les grandes surfaces font pression sur les industriels qui travaillent avec les enseignes spécialisées, dans le but de les référencer. Par ailleurs, il existe des tensions ouvertes entre les distributeurs généralistes et les spécialistes. La campagne de communication lancée en novembre 2019 par Synadis Bio (syndicat des distributeurs bio) pour dénoncer le manque de cohérence de la démarche des GMS dans le bio illustre parfaitement l’état d’esprit qui règne sur le marché et la complexité de la situation, d’autant que tous les adhérents du syndicat ne se sont pas associés à cette campagne et que l’une des enseignes signataires, Naturalia, est filiale d’un groupe de la grande distribution alimentaire (Casino).
Les distributeurs spécialistes et généralistes sont-ils fondamentalement différents?
Il existe une opposition de façade entre les spécialistes et les généralistes. En réalité, on observe une vraie convergence de stratégies. La GMS adopte en effet les codes des spécialistes, notamment s'agissant de la communication, et les spécialistes adoptent les stratégies des GMS notamment dans l'expansionnisme des parcs de magasins. Ou encore en misant sur des effets de volumes pour négocier des prix plus bas auprès des fournisseurs.
Comment les enseignes spécialisées peuvent tirer leur épingle du jeu ?
Sur le papier, les GMS détiennent la moitié du marché bio en France. Mais en réalité, comme elles possèdent aussi des enseignes spécialisées, elles trustent environ les deux tiers du marché. Naturalia appartient en effet au groupe Casino et Intermarché est entré au capital des Comptoirs de la Bio à hauteur de 16%. Le groupe Carrefour est propriétaire du pure player Greenweez et a racheté l'enseigne So.Bio. Quant à Bio c’ Bon, il est contrôlé par un groupe financier qui a ouvert son capital au géant japonais de la distribution, Aeon. Sur ce constat, pour survivre, les spécialistes devraient se concentrer sur des niches de marché et exploiter un positionnement différenciant, à l'instar de Biocoop, dont les clients ont bien pris conscience de la mesure de son engagement pour une bio différente. Les indépendants, ainsi que les coopératives comme Biomonde, ont aussi les moyens de se démarquer en conservant leur positionnement.
Le secteur peut-il connaître une concentration des acteurs en présence ?
Derrière la logique de démocratisation du bio pour les consommateurs français, il y a une logique de prix. Or, pour négocier des prix plus bas, il faut plus de poids. Évidemment, cela va impliquer une concentrations des acteurs du secteur. Ceux qui ne subiront pas cette concentration sont ceux qui réussiront, encore une fois, à construire des positionnements différenciant. Leur survie passera par le choix de ne pas se battre avec les mêmes armes que celles des GMS. D'autant qu'il faut garder en tête que que la grande distribution se développe sur le bio en convertissant ses propres clients, plutôt qu'en recrutant les clients des indépendants, plus sensibles au positionnement de ces derniers.
Le Web est un canal de vente encore peu exploité par les enseignes spécialisées. Est-il une opportunité de croissance ?
C'est une opportunité de croissance, mais les enseignes spécialisées sont clairement en retard en matière d'e-commerce. Il faut bien comprendre que parmi les spécialistes, il y a une forte présence de groupements d'indépendants, avec pour effet de complexifier la mise en place de l'e-commerce. Nous avons déjà vu cela dans des secteurs comme le bricolage et la bijouterie où les indépendants sont nombreux. Historiquement, l'e-commerce était perçu comme un concurrent. La solution a été de créer une interface marchande spécifique par magasin, mais techniquement, ce n'est pas simple à mettre en place. La deuxième raison qui justifiait d'un retard sur l'e-commerce, était le déploiement de la livraison à domicile. Ici, le click&collect était la solution car il permet d'associer un magasin à un site marchand.
Quelles sont les enseignes bio les plus avancées sur l'e-commerce ?
Naturalia et Bio c'Bon sont les deux réseaux d'enseignes les plus avancés. Ces deux distributeurs ont notamment noué un partenariat avec le service Prime Now d'Amazon qui livre les citadins en moins de deux heures à leur domicile. Le spécialiste de la livraison de courses à domicile Toupargel a en outre signé un partenariat avec Naturalia pour distribuer une partie de son offre. Et l'on pourrait très bien imaginer que cette enseigne bio bénéficie des services du nouvel entrepôt commandé par Casino auprès du britannique Ocado pour accélérer les livraisons des clients e-commerce de Monoprix. Avec l'arrivée de la GMS dans les milieux urbains et le développement de l'e-commerce, les enseignes urbaines spécialisées pourraient être incitées à accélérer sur la vente en ligne de leurs produits.
Ou en sont les grands e-commerçants sur le développement de la bio dans leurs offres ?
Aujourd'hui, Amazon incarne la plus grande menace pour la GMS. Si rien n'est certain à propos d'une éventuelle offensive d'Amazon sur l'alimentaire biologique, notons toutefois qu'il a racheté aux Etats-Unis le leader de la distribution bio Whole Foods en 2017. Et en France, il a lancé une boutique dédiée aux producteurs locaux en 2018, composée de nombreux produits bio. Le rare groupe de distribution qui n'est pas en concurrence frontale avec Amazon c'est Casino. On peut même dire qu'ils sont partenaires avec les enseignes Monoprix et Naturalia. Carrefour de son côté, a plutôt choisi de se tourner vers Google en commercialisant son offre sur une nouvelle interface de Google Shopping, mais pour l'heure, uniquement sur le non alimentaire. Enfin, il ne faut pas négliger Cdiscount (propriété du groupe Casino, ndlr), qui possède aussi sa boutique alimentaire dédiée aux produits biologiques et qui pourrait, à l'avenir, accélérer son développement.
🚨 [ENGAGEMENT] Le président de Biocoop signe une tribune dénonçant une nouvelle cellule gouvernementale
C'est une prise de position forte. Pierrick de Ronne, président du distributeur spécialisé Biocoop, fait partie des signataires d'une tribune publiée, le 15 janvier, par nos confrères de Reporterre. « J'ai signé cette tribune qui pose notre inquiétude face à la création de la cellule Demeter par le gouvernement », a indiqué le patron de Biocoop dans un post qu'il a publié sur son profil LinkedIn. Son directeur de la communication, Patrick Marguerie, a pour sa part indiqué sur son profil personnel du réseau social que le patron de Biocoop a de cette manière « souhaité s’associer à cette initiative parce que Biocoop a toujours fait le choix de l’interpellation pour faire bouger les lignes. Dans ce cadre nous revendiquons la possibilité d’interroger les pratiques de l’agro industries au nom de l’environnement et de la santé des consommateurs ».
La tribune dénonce la création, à la mi-décembre 2019, d'une cellule de la gendarmerie nationale visant à lutter contre « l'agribashing », terme inventé selon les signataires du texte par « des communicants de la FNSEA, qui prétend sans en apporter la moindre preuve qu’on assisterait en France à une entreprise concertée de dénigrement du monde agricole. Elle permet à ce syndicat de maintenir ce qu’elle fait depuis des dizaines d’années : une pression lobbyiste pour obtenir en retour des avantages économiques ». Baptisée (ironiquement?) Demeter, comme la marque internationale de la biodynamie certifiée (et comme la déesse grecque de l'agriculture), cette cellule a fait l'objet d'une convention tripartite signée entre le ministère de l’Intérieur et les deux principaux syndicats agricoles, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) et les JA (Jeunes agriculteurs).
Dans la tribune, sont également critiqués les propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, selon lequel « (depuis quelques années), un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes ». Les rédacteurs de la tribune affirment notamment que M. Castaner mélange la délinquance vile (cambriolages, vols de matériel, incendies, dégradations ), les occupations de terres agricoles par des gens du voyage, les actions antifourrure ou antichasse. « C’est mettre sur le même plan criminel le vol, le droit des populations nomades, celui de la critique sociale et politique ».
Surtout, le texte met en lumière l'idée selon laquelle cette cellule de la gendarmerie viserait en réalité à « faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’agriculture industrielle, dont la FNSEA est le principal soutien ».
La prise de position du président de Biocoop sur un tel sujet, est un acte très fort pour un distributeur. Parmi les 31 signataires de la tribune, l'enseigne est d'ailleurs l'unique représentante de l'univers de la distribution. Pierrick de Ronne figure ainsi aux côtés de Greenpeace France, de la FNAB,de la Fédération Nature & Progrès, ou encore de l'association « Nous voulons des coquelicots ».
Retrouvez l'intégralité de la tribune sur le site de Reporterre.
🍷 [PROSPECTIVE] Les vins biologiques, succès annoncé du vin français à l'international
Quelles origines de vins sont les plus susceptibles d'être vendues dans les principaux pays consommateurs de vins à travers monde ? Quels cépages, quelles régions et quelles couleurs, vins bio, aromatisés, régionaux… Une enquête menée par l'agence Sopexa et son partenaire Wine Paris auprès de 984 importateurs, grossistes, distributeurs (spécialisée et généraliste), dansle monde (Allemagne, Belgique, Chine continentale, Hong-Kong, États-Unis, Japon et Royaume-Uni), dessine les grandes tendances pour le commerce du vin à l'international, dans les deux années à venir.
La France championne de l'image (et les vins bio y sont pour beaucoup)
En terme d’image globale et tous critères confondus, la France reste encore aujourd'hui l’origine la mieux perçue. L'Hexagone devance encore nettement ses concurrents puisque près de 6 répondants sur 10 jugent en effet les vins français comme les plus performants.
La France se positionne en tête dans la plupart des caractéristiques testées, et notamment s'agissant des « vins certifiés biologiques » ainsi que sur la dimension « prise en compte des aspects climatiques et environnementaux ». La France se démarque aussi sur les critères de « vins pour les grandes occasions » et s'agissant de « l'efficacité des campagnes de communication collectives ». Numéro 2, l’Italie arrive loin derrière, avec 11% des suffrages globaux. D'aucuns diraient « Cocorico », toutefois l’image de la France montre des signes d’essoufflement notamment en Belgique.
Vins biologiques et biodynamiques : la catégorie phare
C'est une bonne nouvelle pour les domaines cultivés en bio ou en biodynamie qui exportent tout ou partie de leur production à l'international. En effet, parmi les importateurs, grossistes, et distributeurs interrogés, 42% considèrent que les vins bios et biodynamiques sont la catégorie la plus porteuse pour ces deux prochaines années. Et cela, devant les vins régionaux (28%). Un succès particulièrement attendu dans les pays anglo-saxons puisque 63% des répondants britanniques et 58% des américains dressent le même pronostic. Seule la Chine continentale échappe à cette tendance de fond.
Bordeaux, Provence, Loire… quelles régions seront les plus demandées d'ici 2021 ?
  • Les régions les plus plébiscitées pour les vins blancs : Marlborough (Nouvelle-Zélande) et blancs de Loire, du Languedoc puis de la Bourgogne.
  • Les régions les plus plébiscitées pour les vins rouges : Bordeaux, Languedoc, Bourgogne (Bonus à la 4e position : les vins de la vallée du Rhône).
  • Les régions les plus plébiscitées pour les vins rosés : les vins de Provence, suivis des vins du Languedoc.
🚜 [MENTION] Nature & Progrès remet à plat son cahier des charges dédié aux productions végétales
Presque 50 après sa première édition et 10 ans après sa dernière révision complète, le cahier des charges consacré aux « Productions végétales » de la mention Nature & Progrès, va faire l'objet d'une refonte intégrale. Aux grands thèmes déjà abordés dans le cahier des charges existant, l'association composée de producteurs et de consommateurs, étudie la révision de certains dans le but de les ajuster aux problématiques récentes, mais aussi l'ajout de nouveaux thèmes afin de répondre à des sujets qui n'étaient pas – ou peu – abordés jusqu'alors. Parmi ceux-là figureront notamment le recours à la robotique – qui prend de plus en plus de place au sein des exploitations agricoles -, l'utilisation de semences hybrides (de type F1), les systèmes d'irrigation dans les domaines viticoles, mais aussi le paillage, la production de semences ou encore le travail du sol, et une révision de la liste des traitements autorisés sur les exploitations. Répartis au sein de cinq commissions de travail (Arboriculture, Grande Culture, Maraichage, Semences et Plants, Viticulture), une fraction des quelques 350 adhérents professionnels concernés travaillent avec l’aide d’adhérents consommateurs à la rédaction du nouveau cahier des charges. La copie finale devrait être rendue au cours du second semestre 2020.
🔊 [POLÉMIQUE] Un poulet bio de marque U vendu plus de 50 euros provoque l'ire d'un député de Guyane
Gabriel Serville
Bonjour @ULesCommercants. N'avons nous pas des filières d'élevage aux #Antilles #Guyane pour importer par avion des poulets facturés 51 euros alors que 20% des antillais et 45% des guyanais vivent avec moins de 420 euros par mois ?? #écocide #viechère #pwofitasyon https://t.co/SVTrq0E9H0
Mauvais calcul pour la coopérative U. Le député Gabriel Serville (Guyane, GDR) a publié, le 16 janvier dernier, la photo d'un poulet biologique vendu dans un magasin Super U de l'île Saint-Martin, au tarif ô combien hallucinant de 51,41 euros. Soit près de 26 euros le kilo pour un poulet d'1,978 kg de marque U. Manifestement scandalisé par le prix de la volaille l'élu tweetait dans la foulée : “Bonjour @ULesCommercants. N'avons-nous pas des filières d'élevage aux #Antilles #Guyane pour importer par avion des poulets facturés 51 euros alors que 20% des Antillais et 45% des Guyanais vivent avec moins de 420 euros par mois”. Une fois n'est pas coutume, ici ce ne sont pas les prix du bio qui sont pointés du doigt, mais le très fort décalage entre les prix pratiqués sur les produits importés, et le niveau de vie des habitants des Antilles. Le tweet a eu l'effet d'une bombe, et depuis sa publication sur le réseau social, il a été retweeté plus de 5 000 fois. Directement interpellée par le député, la coopérative U s'est défendue en expliquant que le prix au kilo du même poulet labellisé « AB » était vendu 10,75 kg, mais qu'il fallait ajouter le prix du transport, par avion, de 12 euros par kilo ainsi que les taxes relatives à l'entrée des marchandises sur le territoire, la TVA et les autres frais de commercialisation.
U Les Commerçants
@GabrielServille @afpfr @guadeloupela1e @la1ere @Martiniquela1e @RCI_GP @Min_Agriculture @lesoutremer Le prix au kg du même poulet vendu en métropole s’établit à 10,75€ le kg. Le coût de l’acheminement par voie aérienne est de 12€ par kilo. Soit pour le produit en question, un total de près de 45 € pour un poulet de 2 kg.
U Les Commerçants
@GabrielServille @afpfr @guadeloupela1e @la1ere @Martiniquela1e @RCI_GP @Min_Agriculture @lesoutremer A cette somme s’ajoute les taxes s’appliquant à l’entrée de la marchandise sur le territoire de St Martin, la TVA et les autres frais de commercialisation (énergie, salaires, perte marchandise …)
Le distributeur s'est par ailleurs défendu en soulignant l'inexistence de filière appropriée : “la possibilité d’un approvisionnement local, celle-ci n’existe pas en filières bio”. A juste titre, de nombreux internautes ont pointé du doigt le paradoxe entre vouloir manger bio, vendre du bio, et à cet effet, faire parcourir plusieurs milliers de kilomètres en avion, à une marchandise qui, in finé, incarne une véritable aberration écologique.
🌾 [NOUVEAUTÉS PRODUITS] Priméal lance trois nouveaux riz
La marque du groupe Ekibio vient d'annoncer le lancement de trois nouveaux riz de Camargue. Fruits d'un partenariat avec une trentaine d'exploitations agricoles locales, ils sont distribués en magasins bio spécialisés. Le premier, le riz complet rouge de Camargue, est issu d'une mutation spontanée dans les rizières de Camargue, et sa principale caractéristique tient à la couleur de son enveloppe extérieure. Le deuxième est le riz long blanc, et le troisième est un trio de riz longs complets exclusivement cultivés en Camargue.
Depuis 2014, les surfaces sous riz, en France avoisinent les 15 000 hectares, mais ont connu une forte baisse en 2018, avec 12 875 hectares cultivés. Le département des Bouches-du-Rhône dont fait partie la Camargue est le premier producteur de riz en France. Selon l'établissement des produits de l'agriculture et de la mer, FranceAgriMer, les surfaces sous culture bio représentaient, en 2018, 17 % de l’ensemble rizicole, soit environ 2 200 hectares environ.
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