Plan B(io) - Covid-19 : Les fabricants de pâtes bio s'organisent / Interview exclusive du PDG de Bio c' Bon / Comment les acteurs du bio communiquent sur les réseaux sociaux / 100 ans d'Emile Noël

Revue
 
📰 Au sommaire cette semaine :🦠 CoronavirusPriméal, Lazzaretti, Bonneterre...Comment les marques et le
 
L'actualité du commerce biologique

L'actualité du commerce biologique

26 mars · Numéro #17 · Consulter en ligne
Tous les jeudis, la lettre d'information 100% consacrée à l’actualité du commerce de produits biologiques.

📰 Au sommaire cette semaine :
🦠 Coronavirus
  1. Priméal, Lazzaretti, Bonneterre…Comment les marques et les fabricants de pâtes biologiques s'organisent [Témoignages]
  2. Réseaux sociaux : distributeurs et industriels multiplient les messages à l'adresse de leurs équipes, clients et partenaires
  3. Les comptoirs de la bio déploient de nouveaux dispositifs au siège et en magasins
  4. Les Jardins de Gaïa ferment leurs portes jusqu'au 05 avril
Dans le reste de l'actualité :
  1. Bio c’ Bon dans la tourmente : la réaction de Thierry Chouraqui, PDG de l'enseigne [Interview]
  2. Emile Noël : la stratégie bien huilée d'une marque centenaire en 2020
  3. Emmanuel Pinteaux nommé directeur Marketing France et International, Alimentation et Santé chez Léa Nature
  4. Nouveautés Produits (Madia Bio, Vitabio)

🍝 Pâtes biologiques : comment les marques et les fabricants s’organisent
Cédant à l’inquiétude de connaitre des pénuries alimentaires, les Français se sont rués sur les denrées en magasins. Entre le 09 et le 15 mars, les ventes de pâtes ont explosé de +196% selon les chiffres de l’Institut Nielsen. Si les magasins bio spécialisés ne font pas partie du spectre d’analyse de l’Institut, tout porte à croire que ces derniers n’ont pas échappé à cette même tendance. Confrontés à des perturbations de leur chaine d’approvisionnement, certains distributeurs bio évoquent des ruptures en rayons. Nous avons voulu savoir si les marques et fabricants de pâtes biologiques connaissent eux aussi une hausse des ventes, dans quelle mesure, et comment elles s’organisent pour maintenir le rythme de production, des livraisons, et enfin, avec quel état d‘esprit elles abordent les semaines à venir. Morceaux choisis des retours de Biovence (Lazzaretti), Ekibio (Priméal), Bonneterre et Alpina Savoie.
Le groupe Léa Nature, comme de nombreuses autres entreprises, doit faire preuve de réactivité. Ce changement brusque fait appel à des capacités d’adaptation et au principe de solidarité. Filiale du groupe Léa Nature, Ekibio met tout en œuvre pour faire face à la crise sanitaire ainsi qu’à la forte demande des consommateurs. La société, qui a dans son portefeuille plusieurs marques dont Priméal, marque majeur du rayon pâtes en magasins biologiques, a un rôle clé à jouer pour faire face à cette situation.
Thierry Chiesa, directeur général d'Ekibio et Pierre Nicolas, responsable de production, nous expliquent comment le groupe et notamment la marque Priméal s'adapte face à l'augmentation de la demande des magasins et des consommateurs.
Thierry Chiesa, directeur général, Ekibio
Thierry Chiesa, directeur général, Ekibio
Comment Priméal s'organise face à la situation?
Thierry Chiesa : Léa Nature est le 1er fabricant français indépendant de produits biologiques. Notre avantage pour affronter cette situation : être à proximité de nos unités de production. Priméal bénéficie des ateliers du groupe pour maintenir la fabrication et la livraison de ses produits dont celui des pâtes sur le site du siège à Peaugres (07) et celui destiné aux mélanges de céréales à Chasse sur Rhône (38). Concernant les ventes, nos ventes de pâtes, riz et conserves à la marque Priméal ont été multiplié par deux. Nous avons mis en place les mesures préconisées par le gouvernement pour assurer le maintien de l’activité et la sécurité de nos collaborateurs, 1 mètre de distance entre les collaborateurs, mise en place de vitres en plexiglass, mise à disposition de gel hydroalcoolique.
 La production de pâtes a-t-elle augmenté ?
Thierry Chiesa : Oui, on augmente la production de pâtes car les stocks ont baissé. Maintien du travail en 3*8. La nouveauté : nos deux lignes de production, spaghetti et pâtes courtes, vont tourner en même temps pour augmenter les stocks. La flexibilité des équipes, la sécurité et les mesures mises en place ainsi que la solidarité interne permettent d’assurer le maintien de la production dans les meilleures conditions pour nos collaborateurs.
Les effectifs ont-ils été musclés pour faire face à une montée en charge de la production?
Pierre Nicolas : Certains collaborateurs doivent garder leurs enfants, nous avons donc fait appel à des intérimaires (4 personnes). Actuellement, l’équipe est composée à 40% d’intérimaires. Des collaborateurs issus de nos autres ateliers de production ont rejoint l’équipe des pâtes (2 personnes). L’effectif a été gonflé de 20%. Nous avons également une personne de la maintenance qui a rejoint notre équipe pour devenir conducteur de ligne : valorisation de la polyvalence, compétences et la motivation des collaborateurs autant que possible.
Priméal parvient-elle à fournir les points de vente avec lesquels elle travaille ?
Thierry Chiesa : Les délais de livraison se sont rallongés comme chez tous nos confrères, mais nous mettons en place plusieurs mesures pour livrer plus rapidement nos clients (équipe de nuit).
Les stocks de matières premières sont-ils suffisants pour faire face à l'accroissement de la demande?
Pierre Nicolas : Notre anticipation nous a permis de nous stocker en amont de la crise en France. S’agissant de l’approvisionnement en matières premières, pas de problème pour la livraison de nos semoules de blé dur. Grâce à notre filière blé dur France, nous collaborons étroitement avec nos producteurs de blé dur dans le sud de la France. Des livraisons sont assurées toutes les semaines.
Pendant combien de temps pouvez-vous faire face à cette situation exceptionnelle ? Y a-t-il des types de pâtes qui passeront en priorité par rapport à d'autres ?
Thierry Chiesa : Aujourd’hui les stocks sont suffisants, et nous avons la capacité de répondre à la demande jusqu’au mois de mai. Pour le moment, nous fabriquons des spaghettis et des tagliatelles. Si nous devions prioriser certaines références, nous arrêterions de produire les références les moins demandées par nos clients et celles qui sont les plus longues à produire (tagliatelles). Nous favoriserons donc surement nos pâtes courtes. Par ailleurs, l’esprit collectif est de mise, toutes les équipes s’organisent pour prioriser la fabrication, la gestion et la préparation des commandes. Elles attendent de nous qu’on assure leur sécurité au maximum. Nous allons le faire. Nous leur assurons tout notre soutien. Il n’y aura pas de demi mesure. Nous remercions d’ailleurs vivement tous nos collaborateurs qui œuvrent chaque jour au maintien de l’activité. Nous sommes conscients de l’enjeu crucial de notre mission pour nos concitoyens. Dans ce contexte, notre grande capacité d’adaptation, point fort de notre entreprise, sera une arme majeure grâce à l’action de toutes et tous.

📣 [COMMUNICATION] Enseignes spécialisées et industriels du bio prennent d'assaut les réseaux sociaux pour communiquer
Face à l'épidémie de COVID-19, les distributeurs bio et quelques industriels ont redoublé d'effort pour communiquer auprès de leur communauté, leurs clients mais aussi leurs partenaires commerciaux. Depuis l'annonce du confinement par le président Emmanuel Macron, jeudi 12 mars, ils ont multiplié les messages servant divers desseins : pour rassurer, motiver et remercier leurs équipes, et parfois, pour lancer des appels à candidats afin de palier le manque de moyens humains. Pour cela, un vecteur de communication a particulièrement été privilégie par les entreprises : les réseaux sociaux, Linkedin, Twitter et Facebook en tête. Florilège des annonces les plus marquantes.
Sur Linkedin, le directeur général de l'enseigne naturéO, Lilian Corre, annonce personnellement le versement d'une prime exceptionnelle de 1 000€ à ses employés. Le message est également publié sur la page Facebook de l'entreprise. En revanche, si elle dispose d'un compte Twitter, elle ne l'utilise que très rarement, et n'y a pas eu recours pour communiquer dans le cadre des circonstances actuelles.
L'enseigne a également annoncé la fermeture de ses magasins le dimanche sur Linkedin et Facebook.
Sur LinkedIn, Brigitte Brunel Marmone, Présidente du Directoire de La Vie Claire, a personnellement publié un post via la compte de l'entreprise afin de rassurer ses clients sur la mobilisation de l'entreprise pour continuer à maintenir son niveau de service. Elle en a aussi profité pour remercier ses équipes.
“Je tiens à remercier personnellement et chaleureusement chaque salarié qui contribue depuis le début de cette crise au bon fonctionnement de l’entreprise”. Brigitte Brunel Marmone, La Vie Claire
Le lendemain, l'enseigne avait une fois de plus recours au réseau social pour lancer un appel à candidatures, sur plusieurs postes de travail. Des messages qui ont également été publiés via ses comptes Facebook et Twitter.
Biocoop est active sur les principaux réseaux sociaux : LinkedIn, Facebook, Twitter mais aussi Instagram. A travers ses comptes “corporate”, mais aussi par la voix de son président, Pierrick de Ronne, elle a plusieurs fois pris la parole, dupliquant ses messages sur chaque réseau social. Elle a choisi de communiquer sur les gestes barrières et la mise en place d'une opération de soutien à la Fondation de France. Son président a publié, sur son compte LinkedIn personnel, deux longs messages, un premier à l'adresse des équipes Biocoop, et un second aux acteurs du secteur de la distribution alimentaire.
Biocoop
#BiocoopSolidaireAttitude 🌱
Face au #COVID19, nous vous rappelons les bons gestes à appliquer dans les magasins #Biocoop, préconisés par les autorités compétentes, ainsi que des conseils pour que votre visite en magasin se passe au mieux 👍
#GestesBarrières https://t.co/ZO7mSNfASY
Les Comptoirs de la Bio ont multiplié les messages sur les réseaux sociaux, LinkedIn et Facebook en tête, car elle n'a pas de présence sur Twitter. Là aussi, le président et fondateur de l'entreprise, Philippe Bramédie a pris la parole, notamment pour remercier les équipes travaillant pour l'enseigne, et adresser un message de soutien aux distributeurs bio spécialisées. Par ailleurs, via son compte corporate, l'entreprise a publié un message “de soutien, et de considération” à destination de tous les producteurs.
Naturalia de son côté, a principalement communiqué via Facebook et LinkedIn, le compte Twitter de l'entreprise n'a pas fait écho des publications mises en ligne sur les précédents réseaux sociaux. Son directeur général, Allon Zeitoun a, lui aussi, exprimé sa reconnaissance auprès des équipes via son compte personnel. L'entreprise a notamment communiqué sur les “gestes barrière” en magasins, et sur la mise en place d'une campagne de dons auprès de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris.
Le réseau d'indépendants Biomonde a adressé des remerciements à ses adhérents et à leurs équipes, via sa page corporate sur LinkedIn. Sur Facebook, l'enseigne recommande à ses clients de consulter les comptes Facebook de chaque points de vente, afin de prendre connaissance des mesures déployées localement.
Bio c’ Bon a pris la parole sur Facebook, Twitter et LinkedIn. L'enseigne a tour à tour remercié ses équipes, promulgué les bons gestes en magasins, annoncé des mesures spécifiques, du recrutement de personnel supplémentaire, et rappelé qu'elle disposait d'un service de click&collect pour les clients désirant passer des commandes en ligne, via son site Internet.
Du côté des industriels, le recours aux réseaux sociaux pour communiquer a également été plébiscité. Moins exposés aux Français, leurs clients finaux, que les distributeurs, leurs messages avaient davantage vocation à soutenir leurs équipes et à rassurer leurs clients distributeurs.
Sur Twitter, Léa Nature annonce le déploiement de mesures d'activité partielle et temporaire, et annonce le versement d'une “prime Macron” à l'adresse de ses collaborateurs
LÉA NATURE
Pour compenser les revenus affaiblis par cette activité partielle, nous avons mis en place deux mesures socialement avantageuses pour les salarié·es :
➡️le versement d'une « prime Macron » de 600€ nets
➡️ un fonds de solidarité exceptionnel de 100 000 € avec le comité éthique
Le groupe remercie ses équipes, mobilisées samedi 21 mars pour préparer plusieurs milliers de colis
LÉA NATURE
💚 Une chaîne de #solidarité solide s’est mise en marche chez LÉA NATURE !

🙏Un immense MERCI et BRAVO aux 75 personnes de nos sites de Périgny qui se sont mobilisées samedi 21 mars pour aider à la préparation de 28.000 colis et 300 box destinés aux magasins alimentaires. https://t.co/Tt0aGnZqen
Le groupe Ekibio rassure ses clients sur sa capacité à livrer les commandes. Parallèlement, l'entreprise a publié le même message sur Linkedin.
Ekibio
💪 On commence la semaine sur une note positive et rassurante chez Ekibio !
📦 Les équipes sont prêtes pour assurer le suivi et la livraison des commandes. Tout le monde fait de son mieux pour réduire les délais au maximum. Merci de votre compréhension. #COVIDー19 #Alimentation https://t.co/bLMdJKZmuQ
🎙️ [INTERVIEW] Thierry Chouraqui, PDG de Bio c' Bon :
« Il y a eu des retards de paiement, mais tout est en train de se régler »
Alors que les distributeurs bio (et non bio) doivent faire face à de nombreux défis pour répondre à la demande de consommation des Français, l’enseigne de magasins spécialisés Bio c’ Bon, très mobilisée comme les autres, serait depuis quelques temps déjà, confrontée à des difficultés financières, selon un article de LSA publiée la semaine passée. La rédaction de Plan B(io) a, de son côté, reçu des échos similaires de plusieurs sources différentes. Sollicité par la rédaction, le PDG de l’entreprise, Thierry Chouraqui, a accepté de répondre à nos questions.
La stabilité financière de Bio c’ Bon est-elle, sinon menacée, du moins fragilisée ?
Pour commencer, il faut poser le contexte. Bio c’ Bon est une chaîne de magasins qui s’est essentiellement développée dans les centres-villes. En 2019, nous avons fait face à des événements sociaux qui ont affecté le commerce en général. Il y a eu de nombreux jours de fermetures de magasins, le samedi notamment. Ces événements ont modifié les habitudes d’achat de nos clients, comme à Bordeaux, à Toulouse, etc, où ils ont réalisé leurs courses en semaines plutôt que le weekend. Or, en semaine on se concentre sur les achats essentiels, au détriment de tout superflu. Par ailleurs, et plus généralement, le marché bio a nourri beaucoup d’appétits, notamment chez les grands distributeurs qui ont accru leur offre de produits bio. Si leurs produits sont différents des nôtres, les consommateurs y sont tout de même attentifs. Aussi, comme les autres spécialistes, nous avons voulu ouvrir un grand nombre de points de vente mais les zones de chalandise ne sont pas extensibles à l’infini, et au bout d’un moment, on finit par se marcher sur les pieds. Enfin, nous avons mis en place une nouvelle plateforme logistique à Athis-Mons, dont la mise au point a été complexe pendant environ 8 semaines. Nous avons pris des mesures pour mettre un terme aux perturbations qu’elle a engendrées.
Bio c’Bon est très discret sur ses chiffres, quel a été votre chiffre d’affaires pour 2019, et comment a débuté l’année 2020 ?
Je ne parlerai des chiffres qu’une fois qu’ils auront été approuvés par nos actionnaires. Nous avons toutefois connu une petite baisse de chiffre d’affaires en 2019 par rapport à 2018. Quant à 2020, on va déjà attendre que se termine le premier trimestre. D’autant que dans le contexte très particulier, lié au coronavirus, nous sommes d’abord mobilisés pour servir au mieux nos clients.
Avez-vous bel et bien rencontré des difficultés pour payer vos fournisseurs et régler les loyers des magasins ?
Il est vrai qu’il y a eu des retards de paiement, mais tout est en train de se régler. Nos fournisseurs sont payés, ils continuent de nous faire confiance et de nous suivre. Quant aux retards de paiement des loyers, ils sont désormais réglés, et ceux pour qui ce n’est pas encore complètement le cas, nous avons pris des accords avec les parties concernées pour en sortir au plus vite.
Avez-vous mis en place des restrictions budgétaires ?
Non, il n’y a pas de restrictions budgétaires. Il s’agit d’adapter une entreprise à son marché, ses contraintes. Il s’agit de gérer une entreprise, ce qui n’est pas simple tous les jours, et d’adapter notre structure à ce marché.
Des démarches ont-elles été entreprises afin de lever de nouveaux fonds, ou d’accueillir un nouvel actionnaire au capital ?
L’existence de Bio c’ Bon remonte à 10 ans, et nos actionnaires ont toujours rempli leur devoir. Le groupe Aeon (actionnaire de l’entreprise depuis décembre 2018, ndlr), notre partenaire japonais, a souhaité nous rejoindre en France. Je ne peux pas vous dire si, demain, il y aura une entrée d’actionnaires, tout est possible. Le marché bio était peu convoité il y a 10 ans, aujourd’hui, il est très disputé et va encore évoluer dans les 24 prochains mois, on peut notamment s’attendre à des concentrations. Bio c’ Bon est une chaîne de magasins avec une ADN spécifique, et des collaborateurs très impliqués. Si d’aventure il devait se passer quelque chose, nous serions vigilants à préserver l’identité de l’entreprise.
[ENSEIGNE] Les comptoirs de la bio multiplient les dispositifs au siège et en magasins
Après avoir mené un test express avec 6 magasins, Les Comptoirs de la bio étendent à tout leur réseau d’adhérents un système de commande « à distance ». L’entreprise ne possède pas encore de site e-commerce, mais nous révélait il y a quelques semaines dans une interview exclusive, travailler au déploiement d’un site, initialement prévu dans les semaines à venir.
En attendant, le distributeur a donc mis en place un numéro vert (0 800 942 350) et une adresse mail dédiéecommande@lescomptoirsdelabio.fr -, qui permettent aux clients de passer leurs commandes. Elles sont ensuite traitées par les équipes du siège, avant d’être envoyées au magasin le plus proche. Les clients peuvent ensuite récupérer leurs courses en magasins, ou pour certains, être livrés à domicile. Un moyen pour l’entreprise de maitriser les risques de propagation du coronavirus, en limitant les contacts entre les individus.
Par ailleurs, l’enseigne rappelle avoir organisé l’ensemble de ses services supports en télétravail afin de maintenir le soutien au groupement. L’ensemble de ses collaborateurs dispose de gants, de masques, de gel hydroalcoolique, et des plaques en plexiglass à installer devant chaque caisse, sont à disposition des points de vente. Une manière de protéger physiquement les employés travaillant en caisse. Enfin, le distributeur tend la main aux producteurs locaux désireux de travailler avec elle, afin de les soutenir dans le cadre de cette période délicate à bien des égards.
☕ Les Jardins de Gaïa, fermés jusqu’au 05 avril
La marque spécialisée dans les thés bio et équitables, a annoncé sur son site Internet, la fermeture de l’entreprise, de manière temporaire. « La santé de nos collaborateurs est notre priorité. Or, la progression rapide du COVID-19 dans notre région ne nous permet plus d’assurer leur sécurité », indique-t-elle dans une lettre ouverte à ses clients. A ce titre, les commandes sont donc suspendues, depuis le 25 mars dernier et ce, jusqu’au 05 avril prochain. L’entreprise précise avoir déjà envoyé celles qui ont été « prises et payées » à ce jour. Elle invite par ailleurs ses clients à suivre ses actualités sur les réseaux sociaux afin d’être tenus au courant des dernières évolutions de la marque.
[LONG STORY] Emile Noël : la stratégie bien huilée d'une marque centenaire en 2020
Les marques centenaires dans l’univers du bio, se comptent sur les doigts de la main ou presque. Parmi celles-là, des marques emblématiques comme Bisson (1902) ou encore Pural (1907), rejointes cette année par la non moins réputée huilerie Émile Noël. Créée en 1920, cette marque familiale par excellence a su traverser les décennies, et asseoir sa notoriété dans les rayons des magasins bio spécialisés. Aujourd’hui, toutes les enseignes spécialisées compte au moins une référence de la marque dans ses points de vente. Emile Noël revendique d’ailleurs la première place des huiles végétales en magasin bio, avec une part de marché de 28%. Depuis ses débuts, l’entreprise n’a eu de cesse de se transformer, et continue de faire face à de nouveaux défis. Habituée à batailler avec ses concurrents historiques, les marques Bio Planète et Vigean - qui a vu le jour en 1930 -, elle est désormais confrontée à un marché en pleine mutation.
La démocratisation du bio et les assauts de la grande distribution ont initié une agressivité tarifaire, notamment sur les huiles d’olive biologiques, qui restent les meilleurs ventes de la marque. Selon l’association France Olive qui s’appuie sur des données de l’institut IRI, le prix moyen d’un litre d’huile d’olive bio en grandes surfaces est de 7,9 euros en 2018. S’il n’existe pas d’études de prix sur le circuit des magasins bio, canal de distribution privilégié d'Emile Noël, quelques clics sur les sites marchands des enseignes spécialisées, suffisent à constater des tarifs entre 3 et 6 euros plus élevés que la moyenne des prix en GMS. Emile Noël peut néanmoins compter sur un marché dynamique. Juste pour l’huile d’olive, la France est le 5e pays consommateur dans le monde et 4e en Europe, derrière la Grèce. En 2019, les Français ont consommé un peu plus de 113 200 tonnes d’huile d’olive (bio et non bio), en hausse de 6 400 tonnes par rapport à 2017 (Source : France Olive, FranceAgriMer).
Les huiles, axe central de l’activité
Cœur de métier d’Emile Noël, les huiles sont vitales pour la bonne santé de l’entreprise. Elles pèsent à elles seules, l’équivalent de deux tiers de son chiffre d’affaires total, qui s’élève à environ 30 millions d’euros. Le tiers restant provient des autres produits développés par la marque depuis les années 90. Ils se composent notamment d’une gamme de vinaigres, de sauces (tomate, béarnaise, sauce au curry…), d’une gamme de moutardes, de mayonnaises, ou encore de tartinables, et plus récemment, de 4 références de chips. Au total, en comprenant les huiles et les autres produits de la marque, Emile Noël commercialise 182 références. Parmi celles-ci, il y a 35 références différentes d’huiles. Olive, lin, colza, chanvre, soja… « Nous pouvons proposer un rayon entier d'huiles sous la marque Emile Noël », indique Guillaume Jourdain, directeur marketing et communication d’Emile Noël. L’entreprise fabrique aussi des huiles de fruits, des huiles précieuses, et mise sur des cocktails d’huiles et des huiles toastées, qui enregistrent les plus fortes progressions de vente. Si bien qu’à la fin du mois de juin, une nouvelle huile de colza toastée sera lancée en magasins bio. En prime, parmi ses 35 références d'huiles, 15 sont 100% françaises.
S’agissant des autres huiles, elles proviennent des quatre coins du monde comme le Mali pour l'huile d'hibiscus, le Maroc pour l'huile d'argan, ou encore la Guinée pour l'huile d'avocat. Avoir su se positionner très tôt à l’étranger, est là une autre force d’Emile Noël.
Des filières d’approvisionnement internationales
Dès les années 80, Émile Noël, le fils, monte la première filière en Afrique, au Mali, pour s’approvisionner en matières premières afin de fabriquer de l'huile de sésame (certifiée commerce équitable depuis 20 ans). Plus récemment, elle a jeté son dévolu sur la Guinée, et y a ouvert une usine de trituration pour produire de l'huile d'avocat. C’est la première usine de transformation alimentaire bio en Guinée, il s’agit aussi de la première usine en dehors de Pont-Saint-Esprit pour Emile Noël. Elle s'appuie sur 150 producteurs, et l'huile qui en sort est destinée non seulement au marché alimentaire, mais aussi à nourrir son activité BtoB : l’autre corde de l’arc stratégique d’Emile Noël. Levier de croissance, « c’est aussi un moyen de consolider l’entreprise économiquement », souligne Guillaume Jourdain. Parmi ses clients, des grands noms de la cosmétique comme L’Oréal, Nuxe ou Yves Rocher. Pour continuer à grandir, elle mise aussi sur la distribution de ses produits à l’international. La marque est commercialisée dans une trentaine de pays européens, mais aussi au Canada, en Corée et au Japon, qui pèsent entre 18 et 20% de son chiffre d’affaires total. Un long chemin, cela dit en passant, pour une marque née et basée à Pont-Saint-Esprit, qui revendique encore un fort ancrage territorial.
La diversification, dès les débuts de l'entreprise
C’est en effet dans cette commune du Gard, que le fondateur de la société, Emile Noël (père) a acquis en 1920 son premier moulin à huile.
« Emile Noël a cru en l'agriculture biologique dès le début, et a su se remettre en cause lorsqu’il le fallait ». Guillaume Jourdain, directeur marketing et communication d’Emile Noël
En 1956, l’entreprise a en effet connu des déboires qui ont, d’une certaine manière, donné l’impulsion nécessaire à son expansion. Cette année-là, une vague de gel détruit une grande majorité des oliviers français, et pousse Emile Noël à réfléchir à de nouvelles sources de revenus. Il décide de se tourner vers la trituration de graines de tournesol et de colza, des cultures très présentes dans la région, et par chance, épargnées des effets destructeurs du gel. Cet événement marque les débuts de sa diversification, dynamique qui ne quittera plus sa philosophie de développement. Quelques années plus tard, la société investit dans des presses pour en faire de l’huile, et crée dans la foulée son huilerie. En 1972, concomitamment avec la création du premier cahier des charges bio français porté par l’association Nature et Progrès, Emile Noël devient officiellement la première huilerie en France à triturer des graines bio. Pionnière et attachée aux valeurs premières de la bio, elle prend la décision dans les années 90, de travailler exclusivement avec les circuits spécialisés de la distribution bio.
Un premier pas symbolique vers la grande distribution
Ayant toujours mis un point d’honneur à ne pas fabriquer d’huiles pour la grande distribution sous une quelconque MDD, elle a pour la première fois l’an passé amorcé un changement de braquet. Emile Noël a décidé de créer une marque, « Le Moulin de Mon Père », spécialement pensée pour la distribution en GMS. Elle compte déjà une vingtaine de références et sa distribution est effectuée dans les enseignes E.Leclerc, Intermarché, Auchan, Système U, et dans quelques Carrefours Contact, soit au total, 150 points de vente. Un premier pas dans la grande distribution qui pourrait lui rapporter gros, à condition, peut-être, de ne pas se précipiter. Mis en parallèle avec son centième anniversaire, cette manœuvre symbolique signe aussi pour la marque, son entrée dans une nouvelle ère.
🥇 [NOMINATION] Emmanuel Pinteaux nommé directeur Marketing France et International, Alimentation et Santé chez Léa Nature
Âgé de 48 ans, Emmanuel Pinteaux est passé par Pepsico et Nestlé France
Âgé de 48 ans, Emmanuel Pinteaux est passé par Pepsico et Nestlé France
Le groupe Léa Nature (Jardin Bio, Vitamont, Natessance) vient d'annoncer la nomination d'Emmanuel Pinteaux au poste de directeur Marketing France et International, Alimentation et Santé. Directement rattaché à Charles Kloboukoff, le PDG de l'entreprise, il est en charge du développement des marques et produits alimentaires, diététiques et santé pour la France et l'international : Jardin Bio, Karéléa, Biosens et Biopur. Diplômé de Sciences-Po Paris et de l'ESSEC, Emmanuel Pinteaux a notamment occupé des fonctions marketing, commerciales et de category management chez Nestlé France. Il a rejoint le groupe Pepsico en 2008.où il a été successivement Directeur Marketing Boissons, puis Epicerie,  avant de devenir directeur de business unit en charge du pôle Boissons et Nutrition. Il a ensuite été directeur général de la marque de limonade artisanale française, Lorina.
possède une grande expérience de l'alimentaire, et de la construction des marques. Après 2 ans en Angleterre, il entre chez Nestlé France, dans des fonctions Marketing, puis Category Management et Commercial. Il rejoint Pepsico France en 2008, où il a été successivement Directeur Marketing Boissons, puis Epicerie,  avant de devenir Directeur de Business Unit en charge du pôle Boissons et Nutrition. Il a ensuite été Directeur Général de Lorina, une marque de limonade artisanale française. Âgé de 48 ans et originaire de Normandie, Emmanuel Pinteaux est marié et père de 3 enfants. 

🚀 NOUVEAUTÉS PRODUITS
Madia Bio veut démocratiser les super-aliments
Rachetée par la société Vitagermine (Babybio, Vitabio) en 2019, la marque Madia Bio est spécialisée dans la commercialisation de « super-aliments ». Distribuée dans près de 900 points de vente, l'entreprise entend désormais faire connaître ses produits au plus grand nombre, en s'appuyant sur 19 références réparties en quatre gammes : bien-être, vitalité, sport, ainsi qu'une dernière (les Gummies) composée de compléments alimentaires à destination des enfants et des adultes. La première comprend 4 super-aliments : les graines de chia, la poudre de baies rouges, la poudre de curcuma et de physalis séchés, et un complément alimentaire : le chaga. La deuxième gamme, axée sur la vitalité, met quant à l’honneur 5 super-aliments : la poudre de feuilles de moringa, les canneberges séchées, les baies de goji séchées, la poudre de maca et un mélange d’ingrédients verts (le « Green mix »), pour la plupart venant d’Asie et d’Amérique. Plutôt destinée aux sportifs, la troisième gamme se compose de 4 produits, la poudre de klamath, la poudre de Spiruline, un « Mix Sport » - tous trois riches en protéines - et un mélange de mûres blanches, de goji et de physalis séchées. Enfin, Les Gummies de Madia Bio sont des compléments alimentaires aux extraits de plantes biologiques telles que la mélisse, le tilleul, l'huile de lin, le fucus, la cannelle ou encore la gelée royale. Ces derniers sont commercialisés sous les thèmes « Croissance », « Bonne Nuit », « Bio Digest », « Défenses Naturelles » et « Gorge Douce ».
Vitabio commercialise un nouveau smoothie « local »
Vitabio a annoncé le lancement d'une nouvelle référence dans sa gamme de smoothies composée jusqu'à présent de trois produits. Cette quatrième recette repose sur un mélange composé de kiwis d'Aquitaine et de poires de Provence. La pomme (de France) complète l'ensemble, et de l'Acérola compose également les ingrédients du produit, qui ne comprend par ailleurs aucun sucres ajoutés. Ce nouveau smoothie est commercialisé en grande distribution, mais aussi en magasins spécialisés et sur Internet dans une bouteille de 50 cl au PVC de 3,25€.
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